La désinformation, les nouvelles inventées, manipulées et la diffusion volontaire du mensonge sont de devenues des « fake news ». Avouez qu’en anglais le terme donne à la malhonnêteté un petit air officiel la rendant acceptable.
Les « fake news » ont ainsi surgi largement dans l’espace démocratique alors qu’elles sont surtout une spécialité des autocraties et des totalitarismes que ceux-ci organisent en propagande constituée d’une brochette de mensonges officiels connus de tous en tant que mensonges, mais convainquant néanmoins les aveugles ou les idiots (l’un n’empêchant pas l’autre).
Si les fausses nouvelles deviennent aujourd’hui préoccupantes c’est qu’elles foisonnent et se multiplient grâce aux réseaux sur internet, si bien que l’on finit par ne plus savoir où est la vérité qui paraît bien pâlichonne auprès du mensonge autrement plus séduisant, et de ce fait bien mieux diffusé.
Les « fake news » sont vieilles comme le monde, même si autrefois elles mettaient longtemps à diffuser et avec une audience habituellement réduite. La fausse nouvelle la plus connue et qui a fait le plus de bruit est celle qui affirmait que la Terre tournait autour du Soleil. Un certain Polonais, chanoine, astronome, médecin et mathématicien du nom de Copernic l’avait inventée en 1511, mais se doutant bien de l’absurdité de ce qu’il avançait, il semble avoir préféré que son mensonge ne soit largement diffusé qu’après sa mort survenue en 1543. Chacun pouvait en effet se rendre compte par lui- même du mensonge en voyant chaque jour le Soleil tourner dans le ciel, se lever d’un côté et se coucher de l’autre. Je suppose que notre chanoine espérait rire de son canular une fois dans sa tombe, étant bien placé pour croire à une vie après la mort.
Cette « fake news » était cependant si bien ficelée que des gens aussi honorables que Galilée finirent par y croire en lui donnant même plus d’épaisseur. Heureusement que l’Eglise avait édicté des lois bibliques pour lutter contre les « fake news » ce qui permit de rétablir durement la vérité en 1633.
Illustration : Turner