Dans mon petit billet "Sont-ils aussi nuls ?", j'osais, malgré mon incompétence dans ce domaine, poser cette question sur la réforme des retraites imposée par le gouvernement, non pas sur sa nécessité, mais sur son contenu bancal et mal pensé. Malgré le temps consacré à sa gestation, l'accouchement s'avère douloureux et son produit difforme. L'hebdomadaire Marianne du 23 mars avait consacré sa une à un appel pour un référendum afin de sortir de la crise. Comme on le sait, le referendum d'initiative partagée (RIP) est un processus lourd mais ses partisans ne manquent pas car il aurait pour conséquence d'abroger la loi déjà votée. Il est évident que si l'on pose la question : "Voulez-vous travailler deux ans de plus ?" (ou "approuvez-vous la réforme"), la réponse serait évidemment non. Posez la question dont on connait la réponse est certes démocratique mais inutile. Outre le fait qu'en France la tendance est de s'opposer aux propositions du gouvernement même lorsqu'elles sont favorables à long terme pour la population, tout est dans la formulation de la question. Supposons qu'au lieu de demander : "Voulez-vous travailler deux ans de plus", la question soumise au référendum serait : " Voulez-vous que vos enfants travaillent trois ans de plus pour payer vos retraites futures", et avec l'évolution démographique trois ans serait un allongement modeste, je ne suis pas sûr que la réponse serait positive. Et il est devenu de bon ton d'ajouter "quand je dis ça, je dis rien".