La Haute Autorité de la Santé a émis un avis favorable à la levée de l’obligation vaccinale contre la COVID pour les professionnels de santé. De nombreux soignants s’élèvent contre cette décision en exprimant leur incompréhension et même leur colère.
Sur le principe, ils ont raison. La prévention des maladies infectieuses et même de certains cancers par la vaccination fait de celle-ci une pièce maitresse de la politique de santé publique. Son efficacité n’est plus à démontrer puisque les vaccinations obligatoires ont fait quasi disparaître de nombreuses maladies redoutables pouvant entraîner la mort ou des séquelles comme la variole, la diphtérie, la poliomyélite aigue etc…Dès que la couverture vaccinale se relâche elles réapparaissent comme c’est le cas pour la rougeole. Les Australiens estiment aujourd’hui que la généralisation de la vaccination contre le papillomavirus va faire disparaître le cancer du col de l’utérus dans leur pays d’ici à 2035. La pratique de la vaccination préventive a une telle importance en santé publique qu’il paraît inexplicable qu’un soignant puisse s’y opposer et qu’il puisse être insensible aux preuves scientifiques largement exposées lors de leur formation en se laissant gagner par des croyances, voire une paranoïa « complotiste » attribuant aux vaccins les facultés malveillantes d’une arme manipulée par des groupes occultes ou uniquement au profit de « Big Pharma ». On peut donc se demander si de tels esprits ont leur place dans le corps de santé dont les actions se réfèrent de plus en plus à la science et aux preuves et de moins en moins aux incantations.
J’ignore la répartition des « antivax » en fonction du poste occupé dans le service de santé et du degré de leur formation, mais il est certain que l'on en trouve malheureusement parmi les médecins et dans le personnel bien formé. Si le principe plaide contre la réintégration des « antivax », le pragmatisme plaide pour (avec réticence pour ma part). Les soignants réintégrés prennent le risque d’être contaminés, mais aujourd’hui il paraît faible, ils bénéficient de l’immunité collective et ils sont probablement immunisés s’ils ont contracté la maladie dans sa forme asymptomatique ou non, par contre s’ils sont porteurs du virus sans immunité encore acquise ils ont davantage la possibilité de transmettre le virus que les vaccinés, espérons qu’ils ne sont pas également contre le port du masque.
Doit-on respecter les principes ou obéir au pragmatisme ?
Dans un communiqué publié ce 7 avril, l’Académie nationale de médecine recommande que les vaccinations contre la grippe et contre la Covid soient incluses dans les obligations vaccinales des professionnels de santé.
"Loin d’être une atteinte à la liberté individuelle, les obligations vaccinales qui s’appliquent aux professionnels de santé (…) font l’honneur de leur profession", a réagi l’Académie de médecine quelques heures après la publication de l’avis de la HAS en faveur de la levée de l’obligation vaccinale concernant le Covid… "Les prises de position parfois polémiques exprimées en faveur ou en défaveur de l’obligation vaccinale ne doivent pas faire oublier que le métier de soignant n’est pas un métier comme un autre et qu’il impose un engagement moral respectueux du principe 'Primum non nocere '", souligne l’Académie.