Si la gauche sombre dans le ridicule (voir article précédent), la droite perd la tête et ne sait plus où elle habite. Sa politique économique et européenne est faite par Macron si bien qu’il ne lui reste que l’immigration et la sécurité, mais c’est un terrain déjà occupé, en théorie, et depuis longtemps par le nouveau Rassemblement national dont les militants FN n’ont pas changé, et dont les sympathies pour les partis néonazis européens restent intactes. Le parti LR est lui-même divisé entre pro et anti-Wauquiez. Un Wauquiez qui se débat et cherche un bout de terrain où construire sa maison, mais le terrain qu’il choisit s’avère toujours trop étroit, instable, et glissant. Ses « amis » ne sont pas avares de leurs quolibets en attendant sa chute, mais il n’est pas certain qu’ils seraient capables plus que lui de trouver où habiter.
L’ex FN ne sait pas non plus où il habite, d’autant plus que sa tête souffre de la migraine présidentielle. L’UE lui sert de bouc émissaire, mais la mort du bouc (que ses élus européens n’hésitent pas paradoxalement à traire) n’arrangerait sûrement pas les choses. On y parle de moins en moins du Brexit que le Royaume-Uni traîne comme un boulet, alors que les Britanniques n'ont même pas adopté l'euro. Quant à l’immigration c’est un truc plus difficile à digérer que certains ne le pensent. Admirateurs déçus du Brexit, vont-ils l’être également par la chimère un tantinet monstrueuse à présent installée au pouvoir en Italie quand elle se mettra à l’œuvre, après avoir promis tout et son contraire, et notamment d’éradiquer l’immigration venant d’une Afrique en expansion démographique vers une Europe nourrie de « moraline », et en déclin démographique.
Quant au « mâle blanc » Macron qui ne manque pas d’entretenir, de temps à autre, la culpabilisation de ses congénères, descendants de colonisateurs, à présent colonisés par les descendants des anciens colonisés, c’est un centriste bonapartiste (oxymore ?), et comme avec tous les centristes, c’est nous qui ne savons pas où nous habitons, avec la crainte que la maison en construction s’avère en définitive bancale puisque les problèmes non économiques qui fâchent ont été jusqu’à présent soigneusement éludés et sans être bien certains du redressement économique promis.
Illustration : Picasso