Johnny Hallyday a quitté la scène en beauté et son dernier spectacle fut une apothéose. Il a réussi à remplir places et rues de ses fidèles, il est vrai que les places étaient gratuites.
Ce chanteur talentueux au destin chaotique et exceptionnel est curieusement qualifié de « héros français », alors qu’il fut un admirateur de la culture américaine, qu’il imita les Américains dans ses goûts, sa façon de s’habiller, de se comporter, de chanter, de monter ses spectacles et de payer ses impôts.
Un Américain à Paris devenu une idole française courtisée par tous et surtout par ceux qui vivaient de sa générosité.
Curieusement, un de ses proches lors de son hommage à l’église de la Madeleine, faisant référence à la foi chrétienne du chanteur, a souligné que tombé au sol, frappé par la mort, ses yeux étaient dirigés vers le ciel. L’étonnant eut été qu’ils ne fussent pas dirigés vers le haut.
Il est certain que quand on prend de l’âge ces obsèques à répétition donnent un peu de vague à l’âme.
Et pour paraphraser un auteur anglais : « d’Ormesson est mort, Johnny Hallyday est mort et moi, je ne me sens pas très bien ».
Mélancolie aggravée par le ciel gris, les averses, le froid et le vent.
Il ne reste plus qu’à enterrer le spleen.