Je viens de terminer « Sérotonine » de Michel Houellebecq. Plus pessimiste que cet auteur, tu meurs, et pourtant, c’est le quatrième livre que je lis de lui. J’ai évité de lire « Soumission », il y a dans les textes de cet écrivain des prémonitions qui finissent par devenir dérangeantes. « Extension du domaine de la lutte » m’a paru comme une extension de « l’Etranger » de Camus. J’ai cependant récidivé avec « Les particules élémentaires », particulièrement sombre : 4 personnages = 3 suicides et 1 folie, mais intéressant. J’ai renoncé à lire le suivant « Plateforme » consacré au tourisme sexuel, car en le feuilletant, j’avais eu l’impression, sans doute erronée, d’en avoir fait rapidement le tour. Par contre j’ai bien aimé « La carte et le territoire » (prix Concourt 2010) où Houellebecq lui-même fait partie des personnages et se décrit assez cruellement, je serais cependant incapable d’en relater l’intrigue. Finalement des romans de cet auteur, c’est le dernier lu « Sérotonine » que je préfère. Ce livre où le sexe – comme d’habitude - est cru et la fellation dominante, d’un pessimisme absolu puisqu’il s’agit du récit d’une dépression que l’on pourrait qualifier de romantique, m’a fait sourire par l’humour féroce des jugements du héros sur le monde qui nous entoure. C’est un grand écrivain capable de nous faire sourire dans la défaite.