Pour changer d’air nous sommes allés aux Halles pour voir où en était la réfection des jardins. Pour l’instant il existe surtout une pelouse où les gens sont couchés devant l’église St Eustache qui le mérite bien, malgré sa forme en largeur un peu bizarre.
La canopée a fait couler beaucoup d’encre, mais aussi beaucoup de millions sur lesquels la mairie de Paris est plutôt discrète.
Nous avons déjeuné « Au pied de cochon ». Le cochon y est roi, représenté en de multiples exemplaires : non seulement dans les assiettes, mais sous forme d’effigies, de statues, de figurines et même la meringue rose accompagnant le café a la forme d’un cochon.
Dans ce temple du cochon, animal qui nous est si proche et pourtant ostracisé par deux religions, je n’ai reconnu évidemment aucune personne pouvant être éventuellement musulmane, bien que les femmes sont habituellement plus reconnaissables que les hommes. Quant aux juifs, contrairement aux caricatures dont certains aiment les affubler, ils ressemblent à vous comme à moi s’ils ne portent pas des signes extérieurs de la pratique judaïque, ce qui est un peu agaçant pour les antisémites. C’est pour cette raison que pendant la Deuxième guerre mondiale afin de ne pas les confondre avec des aryens, l’étoile jaune leur était imposée, et que pendant le Moyen Âge les chrétiens, terrorisés par la possibilité d’un mariage entre un chrétien ou une chrétienne avec un descendant ou une descendante des compatriotes de leur Dieu et de sa mère juive, imposèrent des signes distinctifs divers, comme un chapeau ou la rouelle du bon St Louis bien visible sur la poitrine et sur le dos à partir de 14 ans. Il n’avait pas échappé à ce monarque éclairé qu’un dos et surtout son bas pouvaient être séduisants.
Au moment de payer l’addition et de quitter ce temple du cochon, j’ai demandé au serveur de quelle région d’Italie lui venait son accent, et il m’a répondu : Séville.