En France les manifestations se multiplient, s’entrecroisent, s’associent, ou se heurtent. Nombre de Français finissent par vivre plus dans la rue ou sur les routes que chez eux. Rues et routes sont devenues des sites de rencontre courus où les amitiés et parfois les amours peuvent se nouer. Une aubaine pour les retraités qui sortent ainsi de leur solitude télévisuelle et sédentaire jusqu’à trouver leur âme soeur.
Pour ceux et celles qui revêtent un gilet jaune, on ne sait plus très bien les motivations (qui au départ étaient justifiées) qui les poussent à prendre l’air de façon aussi obstinée et régulière, en dehors de la rencontre avec son prochain ou sa prochaine dont la situation est semblable et le fait d’être tout simplement contre, ce qui donne un but dans la vie pour ceux et celles qui n’en ont plus ou n’en ont pas encore. Si le gilet est revenu à la mode, on se demande qui va prendre une veste.
En matière de mode, le foulard rouge tente également de se manifester. Notons que sur le plan esthétique le jaune et le rouge forme un joli couple coloré bien que désuni.
Pour enrichir cette agitation productive, des protestations météorologiques se manifestent « contre le réchauffement climatique », ce qui laisse, il faut bien l’avouer, le climat totalement froid.
Pour compléter ce tableau dynamique, nous attendons les grèves dont la France est la championne et l’on s’étonne qu’elle n’ait pas encore essayé d’améliorer son record à l’occasion de ces mouvements de foule désorientée.
Finalement on peut se poser la question : parmi les peuples européens, en existe-t-il un autre plus con que le peuple français ? Un peuple capable de scier la branche sur laquelle il est assis parce qu'elle n'a pas le confort souhaité. Mais la question pourrait également se poser pour ses gouvernants.
Illustration : "Lille (France). 19 janvier. Ces femmes déguisées en Marianne “blessée” participent à une manifestation antigouvernementale organisée par le mouvement des “gilets jaunes”. Une partie de ces derniers ont annoncé cette semaine vouloir présenter une liste aux élections européennes de mai prochain ». PHOTO DENIS CHARLET / AFP (photo victimaire parue dans Courrier international)