J’ai consacré plusieurs billets aux Ig Nobel, cérémonie fantasque qui couronne chaque année des travaux scientifiques insolites, pour ne pas dire farfelus quant aux objets de recherche, mais réalisés avec tout le sérieux que l’on peut exiger de chercheurs. Un article dans un magazine (à propos de la sortie d’un nième livre du graphomane compulsif Michel Onfray) me rappelle qu’il existait à la fin du XIXe siècle un mouvement artistique lancé en 1882 par l’éditeur Jules Lévy à l’origine d’expositions d’œuvres dont le but principal était de faire rire en montrant au public des productions incohérentes. « Tous les matériaux peuvent être utilisés, toutes les inspirations, tous les thèmes. Le but est de faire rire, par tous les moyens ». Heureuse époque entre la guerre de 1870 et celle de 1914 où il fallait, en effet, se dépêcher de rire pendant ces quatre décennies.
L’article que j’ai parcouru (et inspiré du livre d’Onfray que je n’ai pas lu)
signale comme œuvres : « La vénus de mille-eaux », sculpture recouverte d’étiquettes d’eaux minérales, « Les pieds », sculpture sur fromage. On doit à ce mouvement le premier monochrome, œuvre du dramaturge Paul Bilhaud intitulé : « Combat de nègres pendant la nuit » (qui aurait été probablement « effacé » aujourd’hui), imité l’année suivante par Alphonse Allais qui exposa un monochrome rouge qu’il intitula : « Récolte de la tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la mer Rouge ». Aujourd’hui, on rit beaucoup moins devant les monochromes contemporains exposés par des « artistes » qui se prennent au sérieux. Le premier monochrome (politiquement incorrect) : 