Une gynécologue, par ailleurs femme politique*, a été accusée de viol après un toucher vaginal difficile probablement en raison d’une contraction vaginale. On pourrait accuser cette gynécologue de brutalité, mais pourquoi de viol pour un acte réalisé dans le cadre professionnel. Pourquoi ne pas accuser un gastro-entérologue de sodomie pour un toucher rectal douloureux ou d’attouchement pour une palpation du ventre ? Pour ma part j’aurais pu être accusé d’agression sexuelle récidivée pour les très nombreuses fois où j’ai été obligé de soulever un sein pour ausculter le cœur. D’ailleurs, lors de l’auscultation d’une patiente, son mari, qui avait tenu à être présent pendant l’examen, m’avait élégamment fait remarquer sur un ton admiratif : « vous avez dû en voir des nichons dans votre vie ! » comme si j’étais un voyeur. Il est bon que la parole des femmes se soient libérée pour les agressions qu’elles subissent, mais parler de viol pour un examen gynécologique va finir par décrédibiliser la notion même de viol, comme on jette la confusion en qualifiant d’emblée une drague lourde d’agression sexuelle. Curieuse tendance en Occident à se considérer de suite comme une victime dès que l’on vit une situation que l’on estime déplaisante. Nous sommes devenus faibles**. Dans l’illustration ci-contre, que l’on doit à Jan Steen, le médecin prenant le pouls de la patiente pourrait être accusé de commettre un geste déplacé.
* Chrysoula Zacharopoulou, nouvellement nommée secrétaire d'Etat chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux.
** "la youtubeuse Manon Bril, qui fait notamment des vidéos de vulgarisation sur l’histoire et la mythologie sur sa chaîne “C’est une autre histoire”, raconte à Mediapart que le jeune homme (Léo grasset, youtubeur) avec qui elle a entretenu une relation durant plusieurs années, l’a “mise dans une insécurité émotionnelle énorme”. “Il m’a kidnappée émotionnellement”, ajoute-t-elle." (HuffPost). Peut-être qu'un jour les aléas de l'amour deviendront des délits.