Avec l’intention louable d’aider les couples hétérosexuels stériles à faire des enfants, les médecins sont intervenus dans la procréation humaine et les conséquences de cette intervention ne sont pas près de s’éteindre. On a développé tous les types de rencontre entre les gamètes dans et hors des corps jusqu’à la sélection ou la modification des gamètes eux-mêmes, réunis ou pas. Reste la gestation où les gamètes enfin réunis finissent par retrouver le corps féminin, éventuellement en location pour neuf mois. La procréation artificielle en ayant détaché l’enfantement des corps du couple, même si un corps féminin est encore nécessaire pour la phase de fabrication, a entraîné la marginalisation du rapport sexuel réduit à une source de plaisir (ce qui n’est pas négligeable et rend la procréation hétérosexuelle attractive) mais a aussi ouvert la voie à la procréation homosexuelle. Cette conséquence n’avait sans doute pas été envisagée par les promoteurs du « bébé-éprouvette ». D’aucuns vont dès lors plus loin jusqu’à remettre en question l’hétérosexualité elle-même. Une personne* (je n’ose plus m’avancer sur le sexe) a fait paraître le 30 novembre dernier dans Médiapart une chronique intitulée : « L’hétérosexualité est dangereuse ». Partant du fait que les violences conjugales surviennent presque toujours au sein des couples hétérosexuels et rarement homosexuel, la violence étant le plus souvent exercée par l’homme patriarcal sur la femme dominée, la conclusion de la chronique est qu’il faut en finir avec le couple hétérosexuel manifestement obsolète et néfaste : « L’étude des féminicides révèle que les femmes sont l’objet de violence parce qu’elles sont culturellement placées dans une position politique subalterne vis-à-vis de l’homme hétéro-patriarcal. Mais aussi que les meurtres dans la sphère domestique ont lieu dans le cadre des relations hétérosexuelles. Pour rendre possible l’émancipation des femmes et des hommes, il faut se libérer de l’hétérosexualité. » (Paul B. Preciado)*. Illustration : Klimt : « Espérance »
* Paul B. Preciado, anciennement Beatriz Preciado, est un philosophe espagnol né le 11 septembre 1970 à Burgos. Proche des mouvements féministe, queer, transgenre et pro-sexe, Preciado théorise notamment dans son œuvre l'abolition des différences entre les sexes, les genres et les sexualités. Wikipédia