Avec cette histoire de sports d’hiver sans sports, le gouvernement s’est mis dans un merdier pas possible. Quel était le danger de laisser cette activité se dérouler en respectant les précautions sanitaires habituels ? Le risque est pratiquement nul sur les pistes, et faire respecter la distanciation physique est plutôt simple pour y parvenir. Tant que les restaurants et bars restent fermés, pas de concentration amicale, alcoolisée et enfumée de ce côté. Par contre dans les logements exigus dont l’aération peut laisser à désirer, le risque de proximité existe, mais pas plus que dans des logements exigus des métropoles. Reste l’équipement hospitalier, mais si le traitement d’une fracture liée à la pratique du ski se doit d’être rapide, la survenue de la covid-19 n’implique pas une grande urgence à ses débuts. Sur une estimation du danger dans les stations de sports d’hiver peut-être un peu superficielle vient se greffer les mesures que le gouvernement veut instaurer pour empêcher les vacanciers d’aller skier dans un pays voisin : contrôles aléatoires frontaliers, dépistage et isolement pour une semaine. C’est peu s’avancer que de dire que ces contrôles seront plus ou moins impraticables. On ne peut pas interdire à un Français d’aller dans un autre pays européen voisin de quelques kilomètres, il peut d’ailleurs s’y rendre et revenir par les pistes, il peut aussi s’y rendre sans vouloir y skier. Il y aura sans doute quelques problèmes juridiques à ces obstacles prévus pour maintenir les vacanciers dans une station de sports d’hiver sans pouvoir les pratiquer, ce qui risque fort de les dissuader d’y aller, mais peut-être est-ce le but recherché. Notons, par ailleurs, que jusqu’à présent et au plus fort de l’épidémie, les autorités s’étaient plutôt montrées laxistes pour ce qui concerne le contrôle des frontières, on se souvient de l'ineffable : "le virus n'a pas de passeport" comme s'il voyageait tout seul. Ainsi, comme à son habitude, le gouvernement français ajoute à une erreur économiquement déplorable, une autre erreur qui risque d’être courtelinesque. Cela me rappelle l’histoire que l’on racontait à propos de l’organisation militaire française au début de la seconde guerre mondiale : sur la moto se rendant sur le front, le motard était porteur d’un message, et le passager assis à l’arrière était porteur de son contrordre.
NB Je viens d'apprendre que le ski de fond serait permis. Comme le tire-fesses peut être individuel, j'en conclus que le seul motif de cette omelette indigeste est l'utilisation des "oeufs", un problème tout de même facile à résoudre. Quant à éviter les rassemblements, il n'y a pas de pires rassemblements que ceux observés dans le métro et la montagne nettement plus aérée que les couloirs du métro n'interdit pas le port du masque.