L'intervention de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, à la conférence internationale du sida a été perturbée par des militants scandant "Shame on Macron". Pourquoi ? Trois associations de lutte contre le sida (Coalition Plus, Act-Up Paris et Aides) ont regretté l'absence d’Emmanuel Macron à cette conférence, alors qu’elle se déroule à Paris jusqu’au 26 juillet. Elle est le signe, selon elles, d'un "désengagement de la France", "comparable à celui de Donald Trump".
Il faut avouer que les associations de lutte contre le sida foisonnent, et le fait que la maladie a préférentiellement touché les homosexuels masculins n’est pas étranger à cette émergence, d’autant plus qu’elle les touchent encore largement puisque la prévalence de la séropositivité dans cette population atteint presque les 15% !
Ces associations ont toujours été très politisées, parfois à mauvais escient. Lorsque la maladie est apparue et qu’à l’époque elle était toujours mortelle et ne touchait pratiquement que les HSH (les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes), on interdisait aux médecins de rechercher une contamination éventuelle sans avoir la permission du patient afin d’éviter toute stigmatisation. Cette décision politique stupide sous la pression des associations d’homosexuels a évidemment contribué à étendre la maladie.
Si Macron devait assister à toutes les conférences médicales pour prouver qu’il ne se désintéresse pas de la maladie concernée (il reçoit cependant des délégations concernant le sida et son absence à la conférence ne prouve aucunement le "désengagement de la France"), il a du pain sur la planche. On doit tout de même faire remarquer à ces associations de lutte contre le sida qui semblent très susceptibles, que l’on meurt aujourd’hui bien plus souvent du cancer ou de maladies cardiovasculaires que du sida, et que les participants aux conférences sur le cancer ou le cœur n’exigent pas à chaque fois la présence du président de la République.
Pour changer de président, dimanche dernier, la conférence a appelé le président américain à maintenir les aides du pays. En prévenant que si les Etats-Unis réduisaient leurs aides en faveur de la recherche pour le sida, « cela se traduirait par des morts et des nouvelles contaminations supplémentaires ».
Je suis évidemment partisan de maintenir ou d’augmenter les crédits pour la recherche médicale et ce, quelle que soit la maladie. Mais en matière de sida, on peut se demander pourquoi la réduction des crédits pour la recherche conduirait obligatoirement à plus de morts et de contaminations. Certes, trouver un vaccin serait l’idéal, mais en son absence, aujourd’hui, le traitement existe (même s'il peut être amélioré et mieux diffusé) et a permis de transformer une maladie toujours mortelle en une maladie chronique contrôlée.
Et si l’on parle de nouvelles contaminations, autant que des crédits ne faudrait-il pas aussi parler du comportement des populations le plus souvent touchées par le VIH ? La façon de vivre sa sexualité est le principal facteur en matière de contamination, la multiplicité des partenaires, le type de rapports et l’abandon du préservatif, en sont les premières causes. Un changement de comportement, dont ne semble pas vouloir nombre de jeunes, serait bien plus efficace que tous les crédits du monde, mais il ne semble pas pour demain depuis que l’on a montré que la prise préventive d’antirétroviraux (fort onéreuse) diminue nettement les risques de contamination et conduira peut-être à ne plus prendre de précautions pour ceux qui ne veulent mettre aucun frein à leur sexualité et demande à la société de le leur permettre.*
Voir aussi : "192. Comment jouir sans entrave aux frais du contribuable"
*Actuellement, à l'AP-HP, 2500 personnes bénéficient de la prévention PrEp (préexposition) en prenant du Truvada (association d'anti-rétroviraux) de façon quotidienne ou ponctuelle.