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Hier, toute la journée, les journalistes nous ont montré avec gourmandise les images du passage par le canal de Suez du porte-avions Charles de Gaulle. Une traversée du désert. Ce navire et son escorte de rendent aux abords du Golfe persique, un des lieux chauds du globe pour – disent les commentateurs – sécuriser le détroit d’Ormuz et la libre circulation dans ce bras de mer par où coulent à flots le pétrole et le gaz issus du désert par la grâce d’Allah qui a offert à ses fidèles plus de pétrole que d’eau.
Au café du Commerce, on se pose la question : que veut dire « sécuriser la libre circulation » dans le détroit d’Ormuz ? Il y a déjà deux porte-avions américains et bientôt trois qui ajoutent un blocus à un autre blocus et qui ne semblent sécuriser rien du tout. Et de quelle manière l’armada française nettement plus petite que l’armada américaine compte-elle sécuriser cette libre circulation ? En tirant sur ceux qui veulent la contrôler, c’est-à-dire les Iraniens ? Au café du Commerce, pour la première fois (et sans doute la dernière) nous sommes d’accord avec Mélenchon, le candidat à la présidentielle démocratiquement auto-désigné par sa meute soumise, devenu miraculeusement mielleux pour la bonne cause, quand il parle de « gesticulation ».
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