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Selon un sondage Ifop publié le 9 février 2026, 87 % des Français souhaitent la légalisation de l’aide active à mourir. Je trouve étonnante cette écrasante majorité en sa faveur alors que les religions et en particulier la catholique sont contre et que beaucoup d’élus se sont montrés très réticents à légaliser le suicide assisté.
Le parcours de cette légalisation est long et n’est pas encore achevé. Le Sénat a voté contre le 28 janvier dernier, mais un texte a été adopté en Commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale. Il permet à une personne majeure « atteinte d’une affection grave et incurable, qui engage le pronostic vital, en phase avancée » et qui « présente une souffrance physique ou psychologique constante liée à cette affection, qui est soit réfractaire aux traitements, soit insupportable » d’être « autorisée à recourir à une substance létale afin qu’elle se l’administre ou, lorsqu’elle n’est physiquement pas en mesure de le faire, qu’elle se la fasse administrer par un médecin ou par un infirmier ».
Lors des débats en commission, la droite et l’extrême droite ont trouvé cette formulation trop permissive, considérant que le respect de la vie jusqu’à la mort naturelle est un des piliers de notre civilisation.
Or non seulement 87% des sondés sont pour cette loi de fin de vie, mais 68% sont pressés et aimeraient qu’elle soit définitivement adoptée avant la fin du quinquennat. « Seulement 20 % estiment que cette loi est potentiellement dangereuse pour les personnes handicapées et 67 % sont favorables à la création d’un délit d’entrave à l’accès au droit à mourir, l’une des dispositions pourtant les plus controversées de la proposition. ». L’approbation du suicide assisté est majoritaire quel que soit le sexe, la profession, le niveau de vie ou d’étude et plus étonnant, seulement 15 % des catholiques pratiquants se disent opposés à la légalisation de l’aide à mourir.
Pour cette question éminemment personnelle de la fin de vie, les représentants au Parlement représentent bien mal leurs électeurs puisque « 94 % des sympathisants du Rassemblement National (RN) et 84 % des électeurs de Les Républicains (LR) veulent que l’aide à mourir soit légalisée. Dans une inversion totale par rapport à ce que l’on observe au Parlement, ce sont finalement les sympathisants La France Insoumise (LFI) qui se montrent les plus réticents face à cette importante réforme sociétale : 18 % sont opposés à ce que l’aide à mourir soit légalisée. »
En fait quand on regarde le texte adopté en Commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale, il ne tranche aucunement des questions difficiles de la fin de vie, il permet d’accélérer le processus déjà permis par la loi actuelle mais n’envisage aucune autre modalité comme l’évitement de la phase avancée sans passer par la case « souffrance insupportable ».
Picasso "Science et Charité"