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George Grosz : "Cain ou Hitler en enfer"
On avait cru refermer définitivement la porte, il y a 80 ans, sur le national-socialisme allemand et le fascisme italien après les avoir chassés au prix d’une guerre mondiale meurtrière qui s’est terminée par une déflagration atomique au Japon, mais il n’en est rien. Certes, il a toujours existé des nostalgiques de ces idéologies mortifères, à commencer par JM Le Pen qui vendait des disques gravés de chants et discours du IIIème Reich et faisait copain-copain avec des individus qui avaient été actifs aux côtés des Allemands pendant leur occupation de la France, mais ces nostalgiques cultivaient leur nostalgie avec une relative discrétion.
Depuis quelques temps, la porte s’est grande ouverte sur des personnes et des mouvements qui ne cachent plus leur sympathie pour le nazisme, son idéologie, ses gestes et ses slogans. Ne parlons pas des islamistes qui ont toujours admiré Hitler par haine des Juifs. Parlons des Allemands qui, après avoir réussi à se sortir du traumatisme historique auquel avaient participé leurs ascendants, font actuellement de l’AfD le deuxième parti du pays alors que celui-ci tente plus ou moins de réhabiliter Hitler et n’hésite pas à utiliser les slogans nazis.
Parlons d’Elon Musk qui encourage ce parti néonazi après avoir eu un geste équivoque évoquant le salut hitlérien lors de l’investiture de Donald Trump. Parlons de Steve Bannon, ancien conseiller de Trump, qui, le 20 février, lors de la première journée de la conférence mondiale des conservateurs (Conservative Political Action Conference), près de Washington, a fait un salut nazi qui a suscité les applaudissements et des encouragements des participants du CPAC. L’idéologue d’extrême droite a alors hoché la tête dans leur direction et crié « Amen ».
Quant à Donald Trump, rien ne dit qu’il a la moindre sympathie pour le nazisme même si certains de ses conseillers l’exprime, mais on ne peut s’empêcher de penser à « l’espace vital » revendiqué par Hitler pour justifier l’invasion de pays limitrophes lorsque l’on entend le Président américain vouloir s’approprier le Canada, le Groenland ou Panama pour des raison de sécurité. Il faut remarquer que les dictateurs utilisent toujours la « sécurité » comme argument pour envahir les voisins, ce qui laisse penser qu’ils sont dominés par la peur et la paranoïa.
Sur la répétition des évènements historiques, on attribue à Karl Marx d’avoir dit que « la première fois, c’est comme une tragédie et la seconde fois, comme une farce". Espérons qu’il avait raison.