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Décidément, la ville de Munich n’a pas de chance, son nom évoque irrésistiblement un parfum de défaite. En septembre 1938, la Tchécoslovaquie y fut dépecée au profit de l’Allemagne. Hitler est sorti repu du repas et Benito Mussolini souriant, Neville Chamberlain bêtement satisfait et Edouard Daladier avec quelques crampes d’estomac. Munich est devenu depuis synonyme de lâcheté et non de sécurité.
En 2022, la 58e conférence sur la sécurité de Munich s’est tenue quelques jours avant le début de l'invasion russe de l'Ukraine. Fâcheuse coïncidence.
Quant à celle qui s’est tenue du 14 au 16 février, elle a comme résultat l’installation d’une insécurité sur le continent européen avec une quasi rupture du lien transatlantique qui existait depuis la IIe Guerre mondiale et ce qui ressemble bien à un retournement des alliances.
Faut-il continuer à faire des conférences sur la sécurité dans la ville de Munich ? Munich n’a vraiment pas de chance en matière de sécurité si l’on y ajoute l’assassinat par des terroristes palestiniens des onze athlètes israéliens lors de Jeux Olympiques d’été de septembre 1972.
A la dernière conférence on a vu également le vice-président des USA Vance tancer les Européens en leur donnant des leçons de démocratie, ce qui est assez cocasse quand on sait que son patron Trump a bien failli réaliser un coup d’Etat le 6 janvier 2021 en contestant les résultats des élections. Les remontrances publiques de Vance aux vieux enfants que sont les Européens (450 millions tout de même) n’ont guère trouvé de répliques et je salue celles de Jean-Philippe Tanguy (pourtant du RN dans l’ensemble plutôt trumpiste), qui a peu apprécié l’ingérence de la Maison Blanche en déclarant sur Cnews : « Je ne suis pas dupe des raisons pour lesquelles il le dit. Moi, je ne supporte aucune ingérence étrangère. Que les Américains s’occupent de leurs problèmes. Qu’ils s’occupent de leur taux d’obésité et de leur santé complètement dramatique, qu’ils s’occupent de leur propre immigration (...) Qu’ils s’occupent de leurs affaires. Nous, on s’occupera des nôtres ». J’avoue que c’est bien dit, mais encore faut-il se donner les moyens de s’occuper de nos affaires et ne pas se contenter de faire risette à Poutine qui aimerait bien s’en occuper également.
Illustration Rodin « Les bourgeois de Calais »