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519. La revanche du malade

Tableau d'André Bouillet peint en 1887

Dans "une leçon clinique à la Salpêtrière", j'ai parlé des présentations de malades auxquelles j'ai pu assister lors de mes études de médecine. Dans ces présentations, la personne malade assistait à un commentaire sur sa maladie et était souvent l'objet d'un examen dans une salle de consultation ou dans un amphithéâtre bourré d'étudiants. La personne devenait un objet de curiosité en perdant un peu ou parfois beaucoup de sa dignité.

La loi Kouchner avait déjà changé les choses, et aujourd'hui le malade tient sa revanche :

Les modalités de participation des patients aux études de médecine ont été précisées dans un arrêté, paru le 5 février 2025 au Journal officiel.

"Les patients peuvent [aussi] participer à la conception de situations cliniques pour les examens cliniques objectifs et structurés, organisés par les universités", indique l'arrêté. Ils peuvent, en outre, participer à la construction d'enseignements, à leur animation et au contrôle des connaissances et des compétences des étudiants. Leur intégration peut se faire lors de cours magistraux, d'enseignements dirigés, de témoignages, d'analyses de pratique, d'entretiens interprofessionnels, de simulations, ainsi que dans le cadre des examens cliniques objectifs et structurés (Ecos).  

Le texte précise toutefois que les sujets sur lesquels les patients sont autorisés à participer à la formation se limitent à ceux sur "l'annonce diagnostique", "la relation médecin-malade", "l'éducation thérapeutique du patient", "le suivi des maladies chroniques", "la fin de vie" et "les dommages associés aux soins"

Les malades pourraient ainsi participer aux études de médecine jusqu'à contrôler les connaissances et les compétences des étudiants. L'arrêté ne précise pas si les malades "enseignants" seront rémunérés ou pas. Voilà une solution d'avenir pour pallier la carence en soignants, que les malades s'examinent, se prescrivent des examens complémentaires, et se soignent eux-mêmes. Avec l'intelligence artificielle (qui passe allégrement les examens des études de médecine), cette possibilité n'a rien d'absurde. Cependant, ayant moi-même expérimenté la chose, ce qui manque à l'auto-soignant, c'est l'objectivité : soit il minimise les symptômes et signes par crainte, soit il les exagère par angoisse.

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C
Tout ça se situe dans un mouvement global et mondial qui consiste à penser que toutes les opinions se valent, que le chômeur sait mieux que quiconque ce qu'il faut faire contre le chômage, que le prof doit se forcer à intégrer le raisonnement de l'élève, que l'on peut aller choisir le premier passant dans la rue pour le présenter à la députation et maintenant donc que le malade connait mieux sa maladie que son médecin. <br /> En gros, une régression intellectuelle tous azimuts et à mon avis c'est pas fini.
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D
Vous avez raison. Tout se vaut, le mensonge comme la vérité, le complot comme la démonstration et la science comme la magie. Bienvenue dans un monde alternatif.
B
Est-il écrit noir sur blanc dans le texte en question que les malades participant à cette formation (qui désacralise effectivement l'autorité médicale) contrôleront effectivement les connaissances et les compétences des étudiant et qu'ils pourront par la suite effectivement s'auto-rédiger des prescriptions ?
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D
Ils pourraient, en effet, participer au contrôle des connaissances des étudiants, mais l'auto-prescription est la conséquence que j'en tire si l'on pousse le raisonnement.
L
C'est une situation que j'aurai détesté !
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D
Être malade enseignant, c'est une expertise que je ne souhaite à personne.
B
Je ne vois pas trop ce que le texte mentionné apportera comme amélioration dans le suivi des malades. Mais je suis parfaitement d'accord avec votre conclusion.
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D
Un malade en tant qu'enseignant susceptible de contrôler les étudiants me parait absurde, par contre atteint d'une maladie chronique, qu'il finit par bien connaître, il peut être un bon témoin des problèmes posés par sa maladie dans la vie courante.