/image%2F0651388%2F20250217%2Fob_554420_salpe.jpg)
Tableau d'André Bouillet peint en 1887
Dans "une leçon clinique à la Salpêtrière", j'ai parlé des présentations de malades auxquelles j'ai pu assister lors de mes études de médecine. Dans ces présentations, la personne malade assistait à un commentaire sur sa maladie et était souvent l'objet d'un examen dans une salle de consultation ou dans un amphithéâtre bourré d'étudiants. La personne devenait un objet de curiosité en perdant un peu ou parfois beaucoup de sa dignité.
La loi Kouchner avait déjà changé les choses, et aujourd'hui le malade tient sa revanche :
Les modalités de participation des patients aux études de médecine ont été précisées dans un arrêté, paru le 5 février 2025 au Journal officiel.
"Les patients peuvent [aussi] participer à la conception de situations cliniques pour les examens cliniques objectifs et structurés, organisés par les universités", indique l'arrêté. Ils peuvent, en outre, participer à la construction d'enseignements, à leur animation et au contrôle des connaissances et des compétences des étudiants. Leur intégration peut se faire lors de cours magistraux, d'enseignements dirigés, de témoignages, d'analyses de pratique, d'entretiens interprofessionnels, de simulations, ainsi que dans le cadre des examens cliniques objectifs et structurés (Ecos).
Le texte précise toutefois que les sujets sur lesquels les patients sont autorisés à participer à la formation se limitent à ceux sur "l'annonce diagnostique", "la relation médecin-malade", "l'éducation thérapeutique du patient", "le suivi des maladies chroniques", "la fin de vie" et "les dommages associés aux soins"
Les malades pourraient ainsi participer aux études de médecine jusqu'à contrôler les connaissances et les compétences des étudiants. L'arrêté ne précise pas si les malades "enseignants" seront rémunérés ou pas. Voilà une solution d'avenir pour pallier la carence en soignants, que les malades s'examinent, se prescrivent des examens complémentaires, et se soignent eux-mêmes. Avec l'intelligence artificielle (qui passe allégrement les examens des études de médecine), cette possibilité n'a rien d'absurde. Cependant, ayant moi-même expérimenté la chose, ce qui manque à l'auto-soignant, c'est l'objectivité : soit il minimise les symptômes et signes par crainte, soit il les exagère par angoisse.