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Comme ce blog a été ouvert en 2008 et que je suis proche des 4000 billets publiés, il est évident que je commence sérieusement à radoter. Quand j’écris un article ou quand j’en ai l’idée, si j’ai la curiosité perverse de faire une recherche sur le blog, je m’aperçois pratiquement toujours que j’en ai déjà écrit un semblable ou plusieurs. Ce fait pourrait être interprété comme une constance dans mes pensées et dans le spectacle du monde, mais plus défavorablement comme une imagination limitée ou un radotage lié à l’âge.
Je me demande aussi si le radotage, d’une façon générale, n’est pas lié autant à la restriction progressive des auditeurs qu’à l’âge. Les auditeurs, comme mes visiteurs, devenant au cours du temps de moins en moins nombreux, on ne sait plus si les histoires que l’on veut raconter l’ont déjà été ou pas, et plus l’auditoire diminue plus les chances de les avoir racontées sont grandes. Ce que constate avec tristesse ceux qui vous écoutent encore et qui n’osent vous interrompre.
Certes, l’actualité est une source renouvelée de sujets, mais il est fatal de les interpréter toujours de la même façon selon vos opinions peu perméables à celles des autres, si bien que si les sujets peuvent changer, vous les commentez toujours selon la même optique. Vous radotez, et ceux qui ont les mêmes opinions que vous viennent radoter avec vous dans un confort intellectuel reposant.
Ce qui peut consoler est que certains écrivains bien connus comme Patrick Modiano écrivent toujours le même livre mais toujours avec talent. Que les commentateurs qui défilent dans les médias disent toujours la même chose sur un sujet donné, mais on attend d’eux qu’ils le disent, c’est même pour ça qu’ils sont invités.
Ce constat peut faire penser que le radotage, plus que le bon sens, est la chose du monde la mieux partagée.
La meilleure façon de ne plus radoter serait-elle de ne plus parler ? Il n’est pas nécessaire de répondre à cette interrogation.