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Les médias semblent avoir une certaine tendresse pour les tribuns. Ce sont des grandes gueules dont ils peuvent reprendre les formules et les provocations en se gargarisant de leurs excès. Une tendresse qui leur fait dire : « oui, mais c’est un tribun », donc il peut se permettre de dire n’importe quoi puisqu’il le dit avec des envolées lyriques.
C’est ainsi que les médias attendent avec délectation les discours de Jean-Luc Mélenchon, nanti de la tchatche du pied-noir, et qui ne déçoit jamais lorsqu’il se lance dans les anathèmes, car il est moins bon dans le laudatif comme on l’a vu dans son éloge boursouflé et ridicule du dictateur Castro lorsqu’il a fini par mourir en survêtement.
La « trahison » des socialistes qui n’ont pas fait chuter le gouvernement Bayrou en joignant leurs voix, pour le censurer, à celles de LFI et des écologistes, ceux-ci étant sans doute trop occupés à défendre la planète pour se préoccupés du sort de la France, a donné l’occasion au tribun d’exercer sa verve vengeresse contre ceux qui ont osé quitter sa maison malgré ses menaces réitérées. On sentait dans son discours l’émotion de celui qui a peur de se retrouver nu et hanté par ses ambitions déçues.
Mélenchon est un tribun, mais est-il intelligent ? A moins de préférer le chaos au pouvoir, il aurait pu prendre la tête d’un grand parti de gauche pour le conquérir s’il ne s’était pas livré à ses outrances jusqu’à finir dans le caniveau de l’antisémitisme pro-islamiste.