7 Janvier 2013
PETITES REMARQUES SUR LE PLAN CANCER II
On ne peut que se réjouir que le gouvernement se préoccupe de la santé des Français, même si par ailleurs des mesures ne vont guère dans ce sens.
On peut cependant remarquer que l’annonce de ce plan, faite le 2/11/2009, vient bien à propos après quelques cafouillages de ceux qui nous gouvernent, car une telle annonce ne risque guère de soulever d’oppositions et espère peut-être estomper les erreurs passées.
On peut craindre que ce « Plan cancer II » ait un sort semblable au « Plan cancer I » (2003-2007) qui avait été dressé par l’administration Chirac et dont seulement le tiers des 70 mesures a été réalisé.
On peut tout de même se réjouir des sommes consacrées, ne serait-ce que pour la recherche (95 millions d’euros environ) et même si ce « plan » a une application partielle, il en restera toujours quelque chose, puisqu’il est prévu 750 millions de dépenses nouvelles sur la période 2009-2013.
Trois objectifs principaux ont été annoncés :
1° L´excellence des soins de demain, parce que jusqu’à présent les soins étaient bâclés (mais il est toujours souhaitable de les améliorer).
2° la réduction des inégalités devant la maladie. Objectif difficile. S’il s’agit une inégalité géographique des équipements, il est évidemment nécessaire de la faire disparaître, mais il faut noter que le plus souvent ces équipements ne servent pas seulement pour les maladies cancéreuses. S’il s’agit une inégalité individuelle, c’est plus délicat : on ne peut pas imposer, par exemple, l’arrêt du tabac et de l’alcool à des personnes qui ne le veulent pas. Quant à l’objectif d’une augmentation de 20 % du nombre de spécialistes en lien avec le cancer, c’est tout de même un vœu pieux.
3° L´amélioration des conditions de vie pendant et après un cancer. Cela dépend évidemment du cancer.
Car l’intitulé même de ce plan est irritant : plan de bataille contre le cancer comme s’il s’agissait d’une maladie unique, ce qui n’est pas le cas. Certes, les cellules cancéreuses ont un trait commun : leur autonomie vis-à-vis de l’organisme. Mais il n’y a pas un cancer mais des cancers qui n’ont souvent rien à voir les uns avec les autres. Certains guérissent totalement et définitivement, d’autres pratiquement jamais et tous les intermédiaires existent, certains diffusent, d’autres rarement, tout dépend aussi de l’organe touché et même de l’âge. On peut faire des recherches sur le cancer (pourquoi la cellule cancéreuse devient-elle autonome et comment empêcher qu’elle le devienne), mais on ne lutte pas contre LE cancer, mais contre des cancers dont les difficultés diagnostiques, les évolutions et les possibilités thérapeutiques sont très différentes.