L’Europe M’a offert dès le début
Ses peuples sombrant dans la guerre,
Dans un grand massacre inattendu
Pour de misérables talus de terre.
Les soldats creusaient leurs tombes,
En sortaient tels des spectres pour mourir,
Les membres amputés par les bombes.
On fête en Novembre leur souvenir.
Aujourd’hui les chefs d’Etat allemand et français marchèrent côte à côte
Le long des rangées de croix alignées comme des soldats à la parade
Maigres témoins uniformes dressés sur des squelettes juvéniles.
Une longue marche sous la pluie parmi les morts inutiles
De Verdun
Un ossuaire ordonné que seul le silence devrait saluer
Un silence de mort que personne ne devrait troubler
Que les vivants se taisent, surtout les imbéciles
Tout chant ne peut être que funèbre
Laissez les morts tranquilles
Dans les ténèbres
Sacrifiés
Paul Obraska