Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. (Prologue de l'évangile selon Jean où la traduction peut utiliser le mot verbe au lieu de parole).
Cette phrase est mystérieuse, très profonde et d’une lucidité désarmante de la part d’un saint, car qu’affirme-t-elle ? Tout simplement que Dieu n’est que parole. Dieu est un récit enfermé dans des livres et si Dieu est unique, le récit qui le traduit exclut tous les autres, même si le second récit prétend être la suite du premier et le troisième la suite des deux autres.
Les religions et les idéologies sont plus ou moins totalitaires selon leur évolution historique, mais elles le sont toujours à leur naissance. Les plus dangereuses sont celles qui ne grandissent pas ou retombent en enfance.
Tous les totalitarismes entendent imposer leur parole à l’exclusion de toutes les autres. Non seulement le totalitaire, qu’il soit religieux fanatique, fasciste, stalinien, trotskiste, maoïste ou gauchiste veut imposer sa parole mais également imposer le silence à celui qui ne parle pas comme lui, au besoin en le privant de sa liberté ou, au pire, en le supprimant.
Que s’est-il passé lorsque Finkielkraut est venu Place de la République, non pas pour parler (il n’aurait pas pu), mais simplement pour écouter les discours des orthostatiques nocturnes ? Il s’est fait insulter, cracher au visage et à deux doigts d’être lynché. Il était condamné dans son être car porteur d’une parole différente.
Les totalitaires, porteurs d’une parole exclusive, porteurs des seules réponses admissibles à leurs yeux, ne supportent pas que les autres puissent s’exprimer, leur parole étant condamné par principe.
On l’a vu lors de l’émission « C à vous » le 26/05/16 au cours de laquelle Myriam El Khomri (quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir sur la loi qui porte son nom) tentait de s’exprimer. Interview interrompue par de jeunes énergumènes des deux sexes très propres sur eux (qui à mon avis n’avaient probablement rien à voir avec le monde du travail), ayant bruyamment envahi la cour et dont certains frappèrent violemment la vitre du local où se tenait l’émission, quelques uns s’étant courageusement masqués.
Bel exemple de démocratie participative.