7 Janvier 2013
En ces temps où le chômage ne fait que croître, il y a un travail qui n’est pas menacé : le « travail de deuil ». Cette expression introduite par Freud a fait fortune. Curieux travail où tout est subi, où la volonté n’intervient pas et il est même conseillé de ne pas la faire intervenir et d’exprimer ses émotions. A chaque fait divers comportant des victimes, les journalistes concluent toujours leur intervention par : « pour que les familles puissent commencer leur travail de deuil ». Car le deuil ne pourrait pas commencer sans retrouver un peu de la personne disparue ? Car il ne pourrait pas commencer sans que justice soit faite ? Ou sans que la famille touche des indemnités ? Ce qu’il faut en convenir, serait une façon de rémunérer le travail de deuil. Reconnaître une perte, en souffrir, se révolter, parfois se culpabiliser, puis accepter de continuer sa vie sans l’être disparu, sont des étapes que chacun subi, ce n’est pas un « travail », c’est un passage obligé quelles que soient les circonstances. Le deuil n’a besoin de rien pour commencer et il s’impose dès la disparition de l’être cher. Alors Messieurs et Mesdames les journalistes : fermez-la !