Lorsque vous achetez un livre d’un auteur connu et dont le génie n’est plus discuté, c'est-à-dire quand il est mort, avant de pouvoir le lire, l’éditeur vous inflige les avant-
propos d’un (ou de plusieurs) illustre inconnu (enfin, pour moi) qui profite de l’occasion, c'est-à-dire du génie de l’autre, pour s’épancher abondamment dans une prose verbeuse, parfois
freudienne et masturbatoire qui n’en finit pas. A titre d’exemple : par hasard, j’ai récemment feuilleté dans une librairie le Spleen de Paris
de Baudelaire, édité en 130 pages par Gallimard et précédé par une introduction et une préface, couvrant à elles deux 100 autres pages ! Bien sûr, me direz-vous, pourquoi lire les
avant-propos ? D’abord vous les payez et ensuite vous vous dites qu’il y a peut être des considérations intéressantes. Celles-ci, en fait, lorsqu’elles existent, n’occupent qu’un petit
espace de la dissertation que vous abandonnez bien vite pour entrer dans l’œuvre elle-même. En tant qu’adulte vacciné vous êtes capable d’avoir votre
opinion sans l’aide de l’introducteur qui ne pense qu’à se faire mousser et être enfin lu, accroché au génie de l’introduit comme peut l’être un morpion.