L’écologie politique vient de faire une percée, peut-être provisoire, mais qui va assurément ouvrir des appétits. Ce qui certain, c’est que l’écologie sémantique se porte très bien depuis quelques années. Les partis politiques se préoccupent de la chose ou font semblant de le faire pour surfer sur cette vague populaire, histoire de récolter des voix et après tout ce n’est pas plus mal, même si la sincérité et l’efficience ne sont pas toujours au rendez-vous.
Les partis politiques veulent se vendre mais les marchands, eux, veulent vendre leurs produits et pour cela cherchent à y accoler la syllabe « éco », même si les produits n’ont rien d’écologique ou si leur fabrication est destructrice ou grande consommatrice d’énergie. On peut donc s’attendre à avoir de l’éco-pétrole, de l’éco-déchets nucléaires ou de l’éco-béton.
Nous attendons dans nos boîtes aux lettres de l’éco-publicité afin de diminuer la dévastation inutile des forêts. Pour ma part, je pense qu’imprimer les publicités sur du papier hygiénique permettrait un recyclage facile et économique de la matière première.
L’utilisation du papier hygiénique comme support n’est d’ailleurs pas une idée originale.
L’écrivain japonais Koji Suzuki a écrit un thriller intitulé « Drop » qui
raconte l’histoire d’un esprit qui loge dans la cuvette d’un WC, ce qui cadre bien avec la tradition japonaise qui veut que les fantômes se cachent dans les toilettes. Ce roman d’épouvante a été
imprimé sur papier hygiénique, auparavant le fabriquant imprimait sur ce support d’utilisation Ô combien courante, des consignes à suivre en cas de catastrophe naturelle. Le roman comporte neuf
chapitres et se répète tous les quatre-vingt dix centimètres de rouleau (un rouleau se vendant au prix de 1,59 €). Ne croyez pas que ce soit une littérature de chiottes, Koji Suzuki est l’auteur
d’un bestseller : « Ring » porté à l’écran au Japon et aux USA (ce qui ne prouve rien).
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