Malencontreusement entrecoupé par les cadavres carbonisés des téléfilms, le spectacle publicitaire nous offre le monde merveilleux des contes infantiles. On assiste, envieux, à l’orgasme des hommes et de femmes respirant l’arôme d’une tasse de café, les effluves d’un parfum, en goûtant un plat de pâtes ou en prenant le volant d’une voiture étincelante. Les banquiers, qui n’ont plus un sous en caisse, offrent un avenir doré en chantant devant des clients béats. Des ménagères s’extasient devant leur machine à laver. Des femmes s’échangent leurs yaourts en comparant leurs fesses et rajeunissent à vue d’œil sous l’effet d’enzymes gloutons bouffeurs de radicaux libres. Des personnes parlent délicieusement de leurs hémorroïdes, de leurs flatulences, ou de leur incontinence. Des victimes hilares parce que bien assurées, attendent de pied ferme la prochaine catastrophe.
Elle est pas belle la vie ?