Depuis quelques temps on observe sur les trottoirs des petits groupes de personnes faisant le pied de grue devant les porches des immeubles. Que font-elles ?
Elles ne manifestent pas car elles semblent paisibles, bavardent entre elles, ne portent ni banderoles, ni pancartes et ne crient aucun slogan composé de deux vers percutants.
Bien que piétinant sur le trottoir, elles ne semblent pas vouloir offrir leurs charmes. Il existe, certes une prédominance féminine, mais elles sont vêtues sobrement, leur maintien est convenable et elles n’interpellent pas les passants.
Elles ne se promènent pas, car elles ne s’éloignent pas du porche comme retenues par lui.
Font-elles la queue pour entrer dans l’immeuble ? Non, car elles lui tournent le dos.
Alors que font-elles ?
Elles fument.
Pour l’instant la température est clémente, mais qu’en sera-t-il cet hiver ? Les fumeurs emmitouflés, piétineront pour se réchauffer, une buée sortira de leur bouche autant que de fumée, les doigts gelés un peu tremblants serrant une cigarette humide.
Ainsi les trottoirs des villes se peuplent : ceux qui sont dehors parce qu’ils n’ont pas de dedans et ceux qui ont un dedans et qui se mettent dehors.