On assiste chez l’homo sapiens à une mutation à l’origine d’un nouvel organe. Cet organe a ceci de particulier qu’il tend à rapprocher l’homo sapiens des marsupiaux. C’est un organe de petite taille, de forme rectangulaire, lisse, de couleur variable, placé dans une poche ventrale ou thoracique et relié à l’organisme au niveau des conduits auditifs par des cordons fins, un cordon pour chaque oreille.
L’apparition de cet organe doit correspondre à un besoin si l’on en croit la théorie de Darwin, c’est toujours le cas au cours de l’évolution (l’appendice et l’hymen, dont on ne voit pas à première vue l’utilité, ont cependant un intérêt : le premier contribue au pouvoir d’achat des chirurgiens et le second permet de repérer les imbéciles).
Ce nouvel organe nourrit manifestement les oreilles et cela quelle que soit la position du sujet et quel que soit le lieu où il se trouve. Il a été observé que le muté, lorsque l’organe fonctionne, a tendance à hocher rythmiquement la tête, ce qui laisse penser que le flux de nourriture qui se déverse dans les oreilles est parfois syncopé. Toutes les études soulignent que lorsque l’organe fonctionne les yeux du sujet semblent un peu vides : le regard se vide en même temps que les oreilles se remplissent. Ceci a été constaté par de multiples observateurs, notamment lorsqu’ils se rendent dans les transports en commun. Pour élucider ce phénomène, ils se sont penchés sur la composition du flux auriculaire afin de déterminer si le degré d’hébétude en dépend. On se heurte ici à un problème délicat : chaque sujet a sa nourriture propre, elle peut être dure et râpée ou fluide et insipide mais le vide oculaire reste similaire, par contre les mouvements rythmés de la tête sont parallèles à la dureté du flux.
Cet organe surnuméraire qui a fait récemment son apparition à la suite de mutations technologiques résistera-t-il à la concurrence, moteur principal de l’évolution ?