Pierre Dac est mort il y a 36 ans. Blessé lors de la première guerre mondiale, il fut un résistant de la première heure lors de la seconde. Prince modeste de l’absurde, il fut l’inventeur – entre beaucoup d’autres – du porte-monnaie étanche pour argent liquide et de l’inusable schmilblick. Il a faire rire la France entière, notamment avec son complice Francis Blanche, dans ses émissions radiophoniques (« Malheur aux barbus » et « Signé Furax »). Capable de vendre des enclumes à la sauvette, il a réussi l’exploit de faire arrêter les trains aux passages à niveau pour laisser passer les voitures.
Franz-Olivier Giesbert a eu la bonne idée (Le Point du 7/04/11) d’extraire des « Pensées » du grand homme des maximes prémonitoires qui pourraient, à son avis, s’appliquer aujourd’hui aux princes qui nous gouvernent et je ne résiste pas au plaisir de les retranscrire (plus pour les maximes elles-mêmes que pour les politiciens à qui on pourrait les dédier) :
« Rien n’est jamais perdu tant qu’il reste quelque chose à trouver. » maxime dédiée à Sarkozy.
« Si haut qu’il peut grimper, un chemin qui monte n’est rien d’autre qu’un chemin qui descend en sens inverse, et réciproquement. » dédiée à DSK.
« Si, comme l’a dit le général De Gaulle, la France n’était pas ce qu’elle était, c'est-à-dire la France, tous les Français seraient des étrangers. » dédiée à Guéant.
« C’est ce qui divise les hommes qui multiplie leurs différends. » dédiée à Copé
« Dans la vie, il ne sert à rien de tenir bon la rampe si celle-ci est branlante et les marches de l’escalier aussi. » dédiée à Fillon
« Ce n’est pas parce qu’en hiver on dit : « Fermez la porte, il fait froid dehors » qu’il fait moins froid dehors quand la porte est fermée. » dédiée à Martine Aubry.
« Il ne faut jamais remettre au lendemain ce qu’on n’a pas fait le jour même, mais qu’on aurait pu faire la veille ou l’avant-veille du surlendemain. » dédiée à Hollande.