Lundi sur Europe 1, François Fillon a estimé que "les religions devaient réfléchir au maintien de traditions qui n'ont plus grand-chose à voir avec l'état aujourd'hui de la science, l'état de la technologie, les problèmes de santé". "On est dans un pays moderne, il y a des traditions ancestrales qui ne correspondent plus à grand-chose (…) On pourrait y réfléchir",
Ah ! Là, là ! Touche pas à mon steak ! On devait bien s’attendre à une levée de boucliers de tous bords contre cette déclaration plutôt déplacée de la part du premier ministre d’un pays qui se veut laïque et par conséquent neutre pour ce qui concerne les pratiques religieuses, à condition qu’elles restent dans la légalité et dans le respect de la Constitution française.
L’une conteste le mot « ancestral », d’autres se sentent « choqués », « dénigrés » et même « vexés », et parlent « d’humiliation » les derniers parlent de « provocation ». Le président du Crif, (Conseil représentatif des institutions juives de France), association qui ne serait pas religieuse, se dit également « choqué » et s’élève contre la proposition d’étiquetage de la viande en fonction de la méthode d’abattage et considère que « cette mesure aurait des conséquences négatives essentiellement sur la communauté juive », on se demande bien pourquoi, puisque son association n’est pas religieuse, ce qui prouve qu’il confond les citoyens d’origine juive et la pratique du judaïsme, or dans le monde il y a bien plus de Juifs non pratiquants que pratiquants.
Cette sortie de Fillon n’avait pas lieu d’être. Mais ceux qui sélectionnent leur alimentation en suivant des impératifs d’ordre religieux le font, qu’ils le veuillent ou non, en obéissant à des préceptes ancestraux dont les juifs ignorent eux-mêmes la raison initiale (la Bible a été rédigée par des hommes) comme les musulmans qui les ont suivis dans ce domaine.
Pourquoi se sentent-ils vexés ? Parce que de façon abrupte on leur demande de confronter leurs pratiques et leurs traditions avec la modernité et même à la science ! Dans cette confrontation que resterait-il de toutes les religions ? L’ensemble des pratiques d’une religion, celles-ci remontant à des époques reculés, est son armature et les suivre un signe d’appartenance à ce culte. Les discuter et la religion s’écroule, ne laissant que la croyance à une transcendance qui n’a pas besoin d’une organisation religieuse pour exister car son rôle essentiel est de veiller à leur maintien et à leur observance.