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« On achève bien les chevaux » 2

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L’euthanasie a été légalisée aux Pays-Bas le 1er avril 2002 et il s’en pratique environ 3100 chaque année, lorsque le patient en fait la demande en pleine possession de ses moyens (donc capable de se suicider lui-même ?), atteint d’une maladie considérée comme incurable par un médecin et à l’origine de souffrances jugées « insupportables et interminables ».

Une nouvelle spécialité « médicale » est récemment née dans ce pays : bourreau par compassion, chargé d’exécuter les patients dont l’euthanasie a été refusée par leur médecin traitant. Six équipes mobiles (« cliniques de fin de vie » itinérantes), composées chacune d’un médecin (spécialement formé…) et d’une infirmière, sillonnent les Pays-Bas depuis le 1er mars pour assurer ces exécutions à la chaîne qui pourraient aller jusqu’à un millier par an, selon le porte-parole de l’association NVVE à l’origine du projet qu’elle finance et qui rémunère les médecins.

La demande ne peut être faite que par le patient en pleine possession de ses facultés mentales et non par la famille et les proches (il ne manquerait plus que ça !). Une commission (un médecin, un juriste, un expert éthique) serait chargée de vérifier la conformité de l’exécution avec la loi.

La ministre de la justice des Pays-Bas ne s’oppose pas à ces équipes mobiles se rendant au domicile des patients si elles restent dans la légalité, mais la Société royale des médecins émet quelques réserves estimant que l’exécuteur dont le rôle ne se borne qu’à achever le malade, ne connait pas et n’a pas suivi le patient et n’est donc pas le mieux placé pour juger de sa situation, même s’il est dans l’obligation de demander un second avis médical auprès d’un confrère (qui ne connait pas plus le malade que lui, le médecin traitant ayant refusé l’euthanasie).

Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir sur la nécessité de légaliser ou non l’euthanasie (et pour moi, la question se pose surtout pour les grands handicapés, incapables de se suicider eux-mêmes et dont la vie, bien que non menacée à moyen terme, devient intolérable pour eux), participer en tant que médecin, dont ce n’est tout de même pas la vocation, et être rémunéré pour ces tournées mortuaires dont la systématisation évoque un abattoir de victimes consentantes, me laisse perplexe.

 

NB voir également dans « Les chroniques médicales » : 87. « On achève bien les chevaux » du 27/01/2011

 

Edouard Manet : « Suicide »

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D
Vous avez raison et une décision écrite à l'avance ne résout pas la question.
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L
Il y a un autre paramètre à mettre sur le tapis : établir si la personne est bien saine d'esprit au moment de sa demande et là c'est quelque chose de pas si évident que ça, parce que si un jour vous avez vraiment envie de mourir, il se peut qu'à un autre moment vous n'ayez plus envie et ça personne ne peut le savoir ni prédire un revirement, d'ailleurs les personnes qui se suicident, au moment où elles le font sont certainement déconnectées de la réalité parce que la souffrance les emmènent dans un gouffre dont elles sont incapables de mesurer la profondeur et il arrive que des suicidés qui se ratent et se retrouvent paralysés ou gravements atteints (j'ai vu ça plus d'une fois dans des dossiers médicaux) retrouvent la joie de vivre et n'ont plus envie de se suicider et acceptent de vivre le handicap dont ils sont responsables dans un moment où la douleur leur a faire perdre la tête et personne n'est à l'abri de ce scénario.
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D
Vous mettez bien en évidence la multilicité des cas. Reste que l'assentiment du postulant au suicide est nécessaire...jusqu'à présent.
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L
A t-on prévu quelque chose dans le genre pourles enfants gravements malades et handicapés? parce ce que je vois qu'on ne parle que du droits aux adultes qui veulent qu'on les suicide. Va t-on accepter le suicide assisté aux dépressifs graves qui veulent mourir mais n'ont pas le courage de passer à l'acte? et que dire de le quantité incroyable de sales maladies contre lesquelles des milliers de personnes se battent journellement de par le monde. Va t-on accepter le suicide assisté aux handicapés graves de naissance ou accidentés de la route qui estiment n'avoir plus de vie et qui se comptent par milliers. Si on pose la question : qu'est ce que la VIE pour vous à des milliers de personnes, on aura des milliers de réponses. Certaines personnes sont capables de vivre avec une grave maladie ou handicap et trouver que la vie mérite quand même d'être vécue, d'autres pas d'où le désir de sans avoir le courage de mettre fin à leurs jours par eux-même. On oublie aussi l'état d'âme des personnes qui font se métier, au début elle peuvent penser bien faire jusqu'au jour où un évènement les fera cogiter et cela risque d'être dur pour elles aussi psychologuement.
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D
La loi Léonetti a fait avancer les choses : c'est une certaine forme d'euthanasie
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S
Je suis comme vous docteur, perplexe ! Je ne sais pas ce que sera ma fin de vie et tout ce que je demande c'est de partir sans souffrances inutiles...je crois que dans les unités de soins palliatifs tout cela est pris en compte et sans doute ailleurs aussi.
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D
Dans ce cas on pourrait former à nouveau des bourreaux qui auraient l'avantage d'exécuter des victimes  consentantes
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C
Je comprend les raisons qui vous amèneraient à refuser de prêtez votre concours à ces équipes mobile d'intervention un peu spéciales, Doc ! Mais à partir du moment où le droit à l'euthanasie est reconnue,et comme on ne peut pas obliger tout médecin à la pratiquer, il faut bien que des gens se dévouent pour faire le sale boulot ! Et il est sain qu'ils soient rémunérés pour cela, sinon ça voudrait que c'est un hobby pour ces gens ! C'est mon point de vue !
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D
Lorsque le besoin s'en fait sentir, c'est que l'on est encore en possession de ses moyens, au moins mentaux, et ce serait la légalisation du suicide assisté, avec ses excès possibles.
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F
Oui Dr WO je comprends que chaque cas est unique.. ma crainte est que la maladie d'Alzheimer m'atteigne et que je ne puisse plus faire valoir ma volonté (j'ai vécu cela avec ma mère qui s'est dégradée pendant deux ans sans pouvoir émettre la moindre volonté qu'elle avait pourtant formulée du temps où elle était lucide).. Mais quelle loi accepterait de me donner le mode d'emploi efficace pour que je puisse partir lorsque le besoin s'en fera sentir ?
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D
Le suicide assisté, qui existe dans d'autres pays, n'est pas simple. Demander à un médecin de le faire à sa place est en effet plus sûr. D'un autre côté, c'est un encouragement au suicide. Il y a peu un intellectuel belge a demandé, et obtenu, qu'on le suicide car on avait diagnostiqué chez lui une maladie d'Alzheimer (il était donc encore en pleine possession de ses moyens et l'évolution de la maladie indéterminée). Dans ma pratique, j'ai eu au moins deux cas qui aurait pu demander le suicide assisté : un patient atteint d'un cancer du rectum qui n'a pas voulu se faire opérer et qui a vécu 7 ans et un autre, un cancer avec des métastases hépatiques qui a vécu 8 ans en vivant quasi normalement. Et si on avait trouvé un traitement efficace entre temps ?
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F
Un sujet très complexe... si l'on ne se suicide pas soi-même c'est à mon sens parce que l'on a peur de se rater et de se retrouver dans un état encore plus déplorable d'où l'envie d'être correctement assistée. Perso je suis dans le même état d'esprit que ZAZA.
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D
Je n'en doute pas. Mais celui qui le dit a préféré prolonger sa vie et conserver un espoir. C'est une question très personnelle où l'avis que l'on a à froid et en bonne santé n'est pas le même que quand on est dans la tourmente.
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P
Il est très dur d'entendre "J'aurais dû me jeter par la fenêtre quand je le pouvais encore".
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D
Je parle d'un handicap majeur lorsqu'une personne est invalide physiquement ou mentalement au point de ne pas pouvoir se suicider elle-même.
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Z
Je ne vois pas où se situe le handicap. La décision est prise, communiquée à mes proches et de surcroit se trouve dans mes papiers d'identités. Ma soeur qui est atteinte de sclérose en plaque a fait exactement la même démarche que la mienne. Aujourd'hui elle est dans un stade évolutif et commence à se paralyser sérieusement, malgré le nouveau protocole que l'hôpital lui a octroyé.
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D
J'avoue que cet organisation systématique me fait un peu froid dans le dos.
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+
Je pense que cela peut donner lieu à des trafics et bien sur à des abus. Certains médecins peuvent tout aussi bien se laisser soudoyer, lorsque l'on a écarté le médecin de famille qui lui, s'oppose à l'exécution ! passer de maison en maison pour savoir s'il y a des candidats à la mort me laisse très perplexe moi-aussi.Je vois très bien le pauvre malade dire "Revenez le mois prochain, pour l'instant j'ai comme un petit mieux"! Nettoue
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D
Dans ce cas, c'est un handicap majeur et ce n'est plus du suicide assisté.
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Z
Personnellement, je n'ai pas l'intention de le demander à un médecin, mais si je suis je deviens un légume, c'est écrit noir sur blanc dans mes papier d'identité, de me donner la possibilité de partir, tout comme donner mes organes pour ceux qui en ont besoin. J'assume pleinement mes actes
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D
Alors pourquoi ne pas se suicider soi-même si on en a la  capacité, plutôt que de demander à un médecin (dont ce n'est pas le rôle) de le faire ?
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Z
Le suicide assisté semble certaine la meilleure formule, en tout cas pour ce qui me concerne. ZAZA
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D
J'ai donné dans cette article toutes les précisions en ma possession et qui me semblent assez complètes. Par ailleurs, je pense qu'il faut distinguer l'euthanasie et le suicide assisté (tel qu'il est pratiqué en Suisse par ex.).
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O
En effet, j'ai beau être a priori favorable au principe d'un suicide assisté, ces modalités d'application me semblent pour le moins critiquables. Il serait bon de connaître la nature exacte des attributions de cette équipe mobile, car, comme vous présentez la chose c'est assez scabreux.
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