Pour exercer sa vigilance, je connais un bon exercice : marcher sur les trottoirs de Paris. Pas tous, certains sont inaccessibles en raison des travaux qui obligent à les contourner en passant sur la chaussée, le long des voitures hérissées de rétroviseurs menaçants.
Dès que vous sortez, baisser les yeux, repérer les crottes de chien qui constellent le bitume et calculer votre itinéraire pour les éviter au mieux, mais à cet égard ne relâcher jamais votre vigilance : leur production se renouvelle et une glissade peut être mortelle.
Ces premiers obstacles bien gérés, attention ! Vous devenez vous-même un obstacle. Vous imaginez peut-être, en toute logique, que sur les trottoirs vous ne serez amené à rencontrer que d’autres piétons : erreur de débutant ! Des tas de choses roulent sur les trottoirs :
- Les planches à roulettes sont devenues moins fréquentes, mais si vous en rencontrez une, garez vous vite : la rencontre avec votre tibia est très traumatisante.
- Ne vous laissez pas captiver par les élégantes évolutions des porteurs de rollers qui patinent sur le bitume comme on patine sur la glace, c’est élégant mais renversant.
- Evitez de sourire en voyant passer un vieux monsieur sur une trottinette et faites attention de ne pas le renverser.
- On rencontre moins de chaussures à roulettes et pas encore de chaussures bondissantes qui représentent un risque d’avenir.
- Mais le risque présent majeur vient des cyclistes que l’écologie pousse à se reproduire. Le cycliste a une mentalité de piéton : il roule sur les trottoirs, sur les passages protégés, il prend les sens interdits et ne respecte pas les feux tricolores, il vous surprend toujours et vous ne savez pas à quel moment il va vous heurter.
Enfin, restez humain : ne marchez pas sur le vagabond allongé sur le trottoir, ne trébuchez pas sur la mendiante assise le long d’un mur car elle a un enfant dans les bras.