Les médecins appellent pompeusement « colloque singulier » le dialogue entre le patient qui vient faire des confidences et le praticien qui lui donnent des conseils et/ou un traitement. En médecine organique le traitement est surtout physico-chimique, même si la parole (me) parait indispensable. Dans le domaine psychologique l’essentiel du traitement est contenu dans le discours du thérapeute.
Il est certain que la parole exige du temps et de la disponibilité, ce qui explique que certains demandent parfois au patient de cocher des cases plutôt que de lui parler.
En psychiatrie où la relation interhumaine semblait jusqu’à présent être primordiale, on voit mal comment se dispenser de la parole (encore que la plupart des thérapeutes écoutent plus qu’ils ne parlent). Et bien on n’arrête pas le progrès : en Grande Bretagne où il semble exister une pénurie de psychiatres (trois mois d’attente pour un rendez-vous), les ordinateurs pourraient les remplacer. Dans « The British Journal of Psychiatry » est parue en 2008 une étude (Schmidt U et coll.) où il est proposé au patient boulimique d’assurer lui-même son traitement au moyen d’un CD-Rom, cet outil structuré en huit modules est axé sur un programme interactif et multimédia, « associant des stratégies cognitivo-comportementalistes, éducatives et de motivation » en matière d'alimentation.
Au terme de cette étude, il n’a pas été constaté de différence sur l’évolution des épisodes compulsifs, à trois et sept mois, entre ceux qui suivaient ce programme sur leur ordinateur et ceux qui étaient pris en charge par un psychothérapeute et les auteurs proposent de mettre ce programme sur internet.
A vous de conclure.