7 Janvier 2013
Je voudrais répondre ici à Pierre sur la politique de santé :
- Dire que l’on ne peut pas consacrer le coût d’un porte-avions à construire un hôpital ou à mieux payer les infirmières parce que la somme consacrée ne fait pas partie du budget de la santé, s’est se plier à un découpage comptable purement artificiel. L’argent public doit être consacré aux besoins du public et non à satisfaire une organisation factice.
- Il ne faut pas attendre des économies substantielles de l’utilisation des génériques. Les génériques ont un coût incompressible et le prix des nouveaux médicaments lorsqu’ils sont innovants inclue le prix des travaux de recherche (10 ans environ). A ma connaissance le prix des médicaments ne représente pas la part la plus importante des dépenses de santé (dans un hôpital, 70% des dépenses sont consacrées au personnel)
- La prévention comme source d’économie est la tarte à la crème des politiques sans en approfondir la réalité. D’abord la prévention a un coût, ensuite elle n’est efficace que pour les maladies infectieuses (ce qui est déjà fait) et les intoxications (alcool, tabac, drogues…). Pour les maladies dégénératives (la part la plus importante des maladies), au mieux la prévention retarde leur éclosion sans prévenir le plus souvent leur apparition (car le facteur génétique et l’âge sont hors de notre portée), si bien que la prévention conduit à entretenir des maladies chroniques jusqu’à un âge avancé. A noter, pour être cynique, qu’un malade chronique qui meurt jeune est source d’économie. (cf dans mes « chroniques médicales », la 23ème : « Propos sur la prévention ».
- La volonté des politiques de vouloir faire à tous prix quelque chose ne provoque que des effets pervers. Le dossier informatisé du patient (encore dans les limbes) a un coût et son bénéfice escompté est discutable. Un de ses intérêts serait d’éviter la redondance des explorations, ce qui est illusoire, car un examen fait 6 mois auparavant n’a strictement aucune valeur 6 mois après, on peut être en bonne santé la veille et malade le lendemain. Le parcours de soins est une absurdité : avoir l’obligation de consulter un médecin traitant pour voir un spécialiste c’est payer deux consultations au lieu d’une (quel médecin traitant refusera l’accès au spécialiste demandé par son malade ?) (cf « C’est beau la persévérance » dans les « bâtons rompus »).