5 Septembre 2019
En mars 2018, François Delfraissy, président du Conseil consultatif national d’éthique (CCNE), déclarait que « chacun a sa vision de l’éthique » et ne pas savoir – ce que l’on peut comprendre - ce qu’était « le bien et le mal ». Déclaration curieuse pour quelqu’un qui préside une instance dont la vocation est justement de se référer à l’éthique pour donner ses avis. On ne voit donc pas à quoi sert exactement le CCNE dont on pourrait ne pas suivre les conclusions qui ne reflètent que les avis de ses membres, chacun se référant à sa propre éthique. Le président du CCNE ajoutait : « Parfois c’est la science qui avance très vite et la société qui est en retard, parfois la société avance plus vite. Entre les innovations de la science et celles de la société, il n’y a pas de bien et de mal. Il y a un équilibre à trouver qui doit s’inscrire dans la notion de progrès (phrase soulignée par mes soins) /…/ On a une société qui évolue, il y a donc une série de valeurs qui peuvent évoluer. La notion de valeur est relative. Il n’y a pas de valeur absolue. »[1]
Donc, le président du CCNE n’a aucune idée précise du bien, du mal, de l’éthique et des valeurs, notions à l’évidence relatives, mouvantes et évolutives (ce qui n’est pas faux), mais par contre, il sait ce qu’est le progrès. Et en fonction de quels critères notre président peut-il déterminer que tel état est un progrès par rapport à l’état précédent ? Et un progrès pour qui ? puisque l’éthique est individuelle. Il remplace donc la notion d’éthique (et celle du bien et du mal) par « c’est mieux » ou c’est moins bien », mais en vertu de quoi et pour qui ? Est-ce qu’un mieux pour une catégorie d’individus est un mieux pour une autre catégorie ou pour l’ensemble de la société ?
En fait ce CCNE ne fait qu’entériner ce qui se produit tout seul dans la marmite bouillonnante de la société (surtout occidentale) remuée par les possibilités croissantes (et parfois dangereuses) apportées par la Science.
[1] Valeurs actuelles, mars 2018, cité par Jérôme Fourquet dans « L’Archipel français »