Il semble que les handicapés mentaux n’aient pas les éléments de compréhension nécessaires pour aller voter au second tour des élections présidentielles. Non, il ne s’agit pas de faire du mauvais esprit en pensant à une partie non négligeable de la population française, mais aux 400000 handicapés mentaux reconnus officiellement qui, depuis 2007, ont le droit de vote (sauf avis contraire du juge des tutelles). L’Unapei (Union nationale des associations des parents d’enfants inadaptés) demande aux candidats depuis 2011 « qu’ils se rendent accessibles aux personnes handicapées mentales, en enregistrant une vidéo exposant leurs engagements avec des mots simples, support le plus adapté à la déficience intellectuelle…La conquête du droit de vote des personnes handicapées mentales sous tutelle a été le résultat d’un long combat. Si elles ne peuvent pas l’exercer en toute connaissance de cause, c’est leur confisquer ». Aucun candidat n’a répondu à cet appel, il s’agit pourtant de 400000 voix à récolter. Mais évidemment faire appel aux handicapés mentaux pour recueillir leur vote peut prêter à discussion.
J’avoue que le « en toute connaissance de cause » me laisse perplexe, s’agissant d’handicapés mentaux. Pour ma part, j’ai vu une longue vidéo où les candidats se sont largement épanchés, sans bien comprendre ce qu’ils voulaient faire et surtout comment ils comptaient s’y prendre, précisément, pour le faire. Une vidéo avec des mots simples pour handicapé mental me serait utile pour aller voter Dimanche en toute connaissance de cause.