Les crânes d’œuf qui président aux destinées de l’éducation nationale, dont le premier d’entre eux a la tête de l’emploi, débattent ardemment pour donner un autre nom à la dernière classe de l’enseignement secondaire qui jusqu’à présent était appelée « terminale ». Evidemment, cette dénomination peut évoquer la phase terminale en soins palliatifs, ce qui suggère fâcheusement une sortie sans espoir de l’enseignement secondaire, un avenir pessimiste qu’il serait préférable de masquer.
Et quoi de plus efficace que de changer de nom ? En changeant de nom, on change quasiment la chose.
D’après les médias deux termes circuleraient :
- Certains seraient tentés par « classe tremplin », idée peut-être suggérée par les JO d’hiver qui se déroulent en ce moment. Un petit côté sportif sympathique mais qui n’exclut pas, justement, une chute à l’issue du saut, et d’autant plus traumatisante que l’on tombe de haut.
- La dénomination qui semble pour l’instant avoir la faveur est « classe de maturité ». Contrairement à « tremplin » on ne promet rien, c’est plus prudent. Le terme de « maturité » a l’avantage de flatter les jeunes gens en fin de course. On leur dit ainsi : « vous êtes mûr », mais pour quoi ? Car on sait qu’un fruit mûr est près de la chute.
Par ailleurs, ces jeunes gens sont proches de la majorité, ou l’ont déjà atteinte ou même dépassée pour les retardataires, mais quand on voit le nombre d’adolescents attardés jusqu’à la trentaine (et plus si affinité) qui passent plus de temps à faire joujou avec les gadgets électroniques ou sur les réseaux sociaux qu’à devenir indépendants, on peut se demander si le terme de « maturité » traduit bien l’état d’esprit des jeunes gens à la fin de leurs études secondaires.
On pourrait me rétorquer, qu’en tant que vieux con, je n’ai pas à juger les jeunes même quand ils sont idiots. Vous avez raison.