« Cinquante nuances de Grey », roman sur la domination /soumission (que je n’ai pas lu) continue à connaître un succès faramineux : son premier tome est encore à la 2ème place des ventes de la FNAC au bout de 42 semaines, et les deux autres tomes pour une durée moins longue sont à la 4ème et 5ème place ! Son lectorat serait essentiellement féminin.
Un article de William Saletan paru dans Slate.fr le 16/08/13 semble bien documenté sur la « communauté » du BDSM, en clair : bondage, domination/soumission, et sadomasochisme.
Les adeptes de la chose seraient environ 2% de la population sexuellement active, un peu plus d’hommes que de femmes, et nombre d’entre eux considèrent qu’il s’agit d’une orientation sexuelle comme une autre car elle peut être exclusive.
La panoplie des pratiques offre du choix : bondage, flagellation, fessée, et moins souvent : piercing, marquage au fer, suffocation, asphyxie érotique, chocs électriques, couteaux et lames de rasoir (lacérations et scarifications). Un amateur sur cinq se livrerait ou serait livré à des actes extrêmes et parfois à des abus sexuels.
On peut évidemment se poser la question sur la santé mentale des amateurs de ces jeux spéciaux. Une étude néerlandaise avancerait qu’ils auraient un meilleur équilibre psychologique ! «Le groupe BDSM a obtenu de meilleurs résultats que le groupe de contrôle [adeptes du sexe traditionnel] dans les catégories Extraversion, Ouverture à l’expérience et Application, et des résultats moins élevés dans les catégories Névrose et Amabilité». Pour l’amabilité, on veut bien le croire.
Il est certain que les adeptes du BDSM aiment le sexe jusqu’à l’extravagance, et que c’est la femme qui est le plus souvent dominée. Cependant, les participants sont en règle consentants et la plupart restent dans les limites du….raisonnable.
Si la recherche du plaisir par la souffrance se joue généralement à deux ou à plusieurs, les pratiques solitaires ne manquent pas et on est parfois étonné par leur diversité et l’imagination des pratiquants. Récemment l’International Journal of Surgery en a rapporté un cas intéressant. Les illustrations de ce cas se trouvent à la fin de l’article. Je ne conseillerais pas, surtout aux hommes, de les regarder, mais je peux toutefois reproduire ici la radiographie (qui n’a rien de sanglant).
Il s’agit d’un homme de 70 ans qui s’est introduit une fourchette de 10 cm dans l’urètre pénien. Ne parvenant pas à la retirer, il s’est présenté, le pénis en triste état, aux urgences de l’hôpital de Canberra en Australie. Embarrassés par ce cas inhabituel (les corps étrangers introduits dans l’urètre sont connus de longue date, mais une fourchette !…). Je vous rassure, les chirurgiens, après discussion sur les techniques à employer, ont finalement réussi à la retirer en respectant l'intégrité du pénis. (An unusual urethral foreign body).
Bon dimanche !