Dans la partie de ping-pong
jouée par Sarkozy et Hollande (les autres comptent les points) où les balles gonflées d’air passent au-dessus de la table de la réalité, malheureusement dépourvue de filet pour ce qui concerne
les invectives, Hollande vient d’envoyer un smash contre son adversaire costumé pour l’occasion en bleu de chauffe : la taxation à 75% des
revenus annuels pour la part dépassant le million d’euros.
Bien sûr, une telle mesure devrait plaire à la plupart des Français qui trouvent, à juste titre, que tels revenus sont extravagants et disproportionnés quel que soit le mérite de ceux qui les touchent, surtout en période de crise.
C’est aussi, bien sûr, une mesure symbolique car elle n’enlèvera qu’une goutte d’eau à l’océan de la dette de l’Etat français et elle ne sera pas dénuée d’effets pervers[1]. On n’entend guère les super-riches protester car ils sont déjà à l’abri dans les pays voisins plus tolérants en matière fiscale et que les petits cadeaux du joueur en bleu de chauffe lors de son accession au pouvoir n’ont pas fait revenir au bercail, y compris ses meilleurs amis.
Les protestations les plus véhémentes viennent du monde du football car 120 à 150 joueurs devraient être concernés (la plupart des joueurs du PSG gagnent plus de 100000 € bruts par mois) et les responsables prédisent la mort du football français (Frédéric Thiriez, président de la Ligue de football professionnel) et même celle du sport en France (David Douillet, ministre), puisqu’une petite partie des droits TV est reversée aux autres sports.
Ce qui confirme que le football professionnel n’est pas un sport mais un spectacle perverti par l’argent où l’on paie à prix d’or des jongleurs avec les pieds (d’ailleurs souvent maladroits) et où la tête sert surtout à frapper la balle, ce qui permet aux spectateurs de faire le cirque dans les gradins.
Nicolas de Staël : « Les footballeurs »
[1]Les joueurs et les clubs paient 600 millions d'euros par an au total en impôts et en charges sociales selon Jean-Pierre Louvel, président de l'Union des clubs professionnels.