Avec Hollande, je n’échangerais volontiers que son âge puisqu’il est plus jeune que moi, mais je lui laisse sans regrets la présidence d’un pays mal en point (je dois préciser pour la vérité historique que je n’ai jamais été sollicité).
Qu’ont-ils tous ces gens à vouloir se hisser vers les sommets pour dominer les autres ? Car en dehors de quelques exceptions, ils n’entrent pas dans la fournaise politique portés par une foi et des convictions impératives en se sacrifiant sur l’autel de la nation pour se retirer dès leur mission accomplie.
Sarkozy voulait s’accrocher au pouvoir avec les dents alors qu’il était impopulaire et que ses résultats étaient plutôt mitigés. Hollande l’a recherché avec constance et opiniâtreté depuis de longs mois et peut-être depuis toujours jusqu’à se priver de chocolat et changer de lunettes. N’était-il pas heureux dans sa Corrèze endettée et dans sa bonne ville de Tulle bien-aimée dont il avait rénové la place ? De plus il avait, semble-t-il, trouvé la femme de sa vie et ses avoirs n’atteignent pas le seuil de l’ISF (ce qui est tout de même un souci en moins). Alors pourquoi se mettre volontairement dans ce merdier et sans ménager ses efforts pour y arriver ? Est-ce pour réussir là son ancienne compagne avait échoué ? Dieu seul sait les contentieux qu’il peut y avoir dans un couple. Ses chers camarades ne le voyaient pas du tout à cette place (on se souvient de la sentence de Fabius il y a seulement un an : « François Hollande président de la République, on rêve ! ») et vont peut-être lui tirer les basques en ricanant, surtout s’ils n’obtiennent pas les postes auxquels ils estiment avoir droit. Et pourtant, il affirme être normal ! Moi, je n’ai jamais vu de gens normaux rechercher les emmerdes avec une telle persévérance. Parce que là, il va être servi, mais c’est nous qui paierons la note.
Dessin de Stephff