En
ces temps maussades, en attendant la teneur de la sauce à laquelle nous allons être mangés, il est peut-être bon d'aborder un sujet frivole mais qui n'est pas sans importance en raison même de sa
fréquence et de son universalité, à savoir : les manifestations de l'orgasme.
Si pour l'homme la manifestation de l'orgasme coule de source et si la femme peut en recueillir à chaque fois la preuve, l'orgasme féminin est moins transparent pour son partenaire, et la simulation est tentante, en l’absence de preuve physique incontestable à l’appui de la sincérité de la manifestation, aussi sonore soit-elle.
Dans une comédie américaine – dont je ne me souviens plus le titre - dans un restaurant, une femme simule devant son compagnon un orgasme majeur, si bien que tous les clients s'arrêtent de manger et restent pétrifiés dans un silence respectueux. Après cet épisode, le service reprend et lorsque le serveur demande à une dame si elle a fait son choix, celle-ci répond quelle désire prendre la même chose que la femme à l'orgasme démonstratif.
Afin de se faire une idée de la chose, les universités de Columbia et d’Oakland ont eu la curiosité de mener une enquête auprès de 453 femmes hétérosexuelles vivant en couple. Plus de la moitié admettent avoir déjà feint ressentir un extrême plaisir lors de rapports sexuels. Et 6 sur 10 de ces simulatrices, apparemment charitables, trompent en fait leurs partenaires pour éviter d'être trompées. Les femmes tentent ainsi de «flatter l'ego de leur partenaire, augmenter son émotion sexuelle et éviter qu'il soit infidèle». Doit-on conclure qu'un orgasme féminin particulièrement démonstratif n'est peut-être que le signe de la crainte de la femme de voir son partenaire aller tester de meilleures simulations ailleurs ? Beau travail universitaire.
( Archives of sexual behavior)
Dessin de Philippe Geluck