Avec le temps la Grande Faucheuse se rapproche petit à petit de chacun d’entre nous. A un certain âge, elle est sur nos talons. Marcher plus vite pour lui échapper (provisoirement) parait être une plaisanterie macabre. Que nenni. Des gens sérieux du département de santé de l’université de Sydney ont voulu vérifier cette hypothèse hasardeuse dans une étude dénommée CHAMP (Concord Health and Ageing in Men Project), dont les résultats sont parus dans le British Medical Journal.
Les auteurs ont donc suivi, pendant 5 ans, 1705 hommes âgés de 70 ans et plus et ont cherché à établir si la vitesse à laquelle ces hommes marchaient permettait de prévoir le risque de mortalité. Cette vitesse était très variable avec les individus allant de 0,54 à 5,7 km/h (moyenne à 3,17 km/h).
Au bout de 5 ans aucun homme marchant à la vitesse de 4,90 km/h ou plus n’est décédé. Par contre une vitesse de marche d’environ 3 km/h était prédictive d’une mort prochaine avec une sensibilité de 63% et une spécificité de 70%, ce qui veut dire, à l’inverse, que 4 hommes sur 10 sont morts au cours des 5 ans de suivi alors qu’ils n’auraient pas du mourir selon ce critère et que 3 hommes sur 10 sont restés vivants alors qu’ils l’avaient (à noter que l’âge réel, à ma connaissance, ne semble pas avoir été pris en compte).
4,90 km/h est un rythme de marche plutôt soutenu pour un homme de 70 ans, mais si l’on estime que la Grande Faucheuse se déplace à une vitesse de l’ordre de 3 km/h, on conserve ses chances de lui échapper en gardant ses distances si l’on file à une vitesse comprise entre 3,5 à 4,9 km/h, mais le risque qu’elle vous rattrape grandit graduellement si vous ralentissez. La malchance serait qu’en forçant l’allure, le poursuivi soit terrassé par une crise cardiaque, car, bien sûr, la rapidité de la marche n’est que l’un des indices d’une bonne condition physique.