Sa candidature à la présidentielle officialisée hier va dans le même sens, celui d’une atomisation de la gauche. On peut cependant admirer son culot. D’abord pour s’être imposée en appliquant la tactique du « ôte-toi de là que je m’y mette » en poussant la maire de Paris dans les catacombes, en usant de son discours habituel caractérisé par un style pompeux et grandiloquent. Là où son culot devient admirable est d’organiser cette primaire populaire dont aucune tête d’affiche de la gauche ne veut, sauf elle, en y mettant de force Jadot, Mélenchon et Hidalgo (qui a de ce point de vue une valse-hésitation), et sans Fabien Roussel, dont le goût pour le bon vin, la bonne viande et le fromage à la française a peut-être déplu. « Les organisateurs revendiquent plus de 300.000 personnes inscrites sur leur plateforme, parmi lesquelles 120.000 sont déjà prêtes à prendre part au vote. Les organisateurs ont aussi détaillé /…/ le mode de scrutin dit “au jugement majoritaire à un tour”, qui consiste à donner des mentions aux candidats. Pour départager les candidats, les électeurs devront répondre à cette question à l’aide de mentions : “Pour faire gagner l’écologie et la justice sociale, ces candidats sont : très bien, bien, assez bien, passable ou insuffisant”. Autre originalité, les électeurs pourront voter dès l’âge de 16 ans. ». On voit que le programme des candidats malgré eux est plutôt simplet. Ces 300000 personnes sont censées représenter le peuple. On ne sait évidemment pas qui elles sont, pourra-t-on voter plusieurs fois ? Taubira espère ainsi avoir l’onction populaire de la part d’un peuple qui n’aura rien à voir avec les ouvriers, les petits employés ou les agriculteurs... mais plus avec des militants, des bobos ou des intellectuels intéressés par ce genre de manipulation. Molière revient ! Ils font du mauvais théâtre !