Strauch-Bonard rapporte dans Le Point la création de ce que j’appellerais, non pas un jeu de société mais un jeu sociétal : il s'agit d'un Monopoly des inégalités, fruit d’un partenariat entre le concepteur du jeu et l’Observatoire des inégalités. Afin de « sensibiliser les enfants aux inégalités de notre société » et de favoriser la « lutte contre les inégalités et discriminations », un « kit » d’accompagnement « à destination des professionnels de l’éducation » a été conçu qui modifie les règles du jeu habituelles. Comme le détaille le communiqué de presse accompagnant ce lancement, « à l’opposé du jeu traditionnel, les joueurs ne sont pas traités de manière égale ». Chacun d’entre eux se voyant attribuer un « personnage » défini par des caractéristiques identitaires, « vous n’aurez pas le même sort ou les mêmes chances si vous êtes une femme, si vous êtes handicapé(e) ou si vous êtes un homme blanc vivant dans les beaux quartiers ! […] Par exemple… Les femmes touchent moins d’argent que les hommes en passant par la case “Départ”. Les personnages en situation de handicap quant à eux retirent deux points à chacun de leur lancer de dés. Lorsque certains personnages comme Lucas ou Mohamed passent (normalement sans s’arrêter) par la case “Allez en prison”, ils doivent obligatoirement s’arrêter pour un contrôle de police, leur tour s’arrête sur la case. Ils ne vont pas en prison, mais doivent attendre le prochain tour pour rejouer. ». Encadré par un temps de discussion, le jeu vise à pousser les jeunes à « s’interroger sur leurs propres stéréotypes et préjugés », à « explorer [des] moyens de lutter contre les inégalités et les discriminations », et même à « développer [leur] tolérance [et leur] empathie ». Être victime et son corollaire, la culpabilité, ça s’apprend. Chacun ou chacune dans sa case.