LES SURVIVANTS
Dans un monde d’orgueil qui s’efface
Dans l’espace mortellement vitrifié
Dans les nuages de vapeurs soufrées
Sur le dos encore chaud d’une carcasse
Dans un monde qui fut vertical
Dans un monde de fer et de béton
Dans les fumées grises de plomb
Sous des os saillants de métal
Dans un monde d’inertie
Sans bêtes, sans humanité
Sans arbres, sans prés
Sans fleurs, sans fruits
Dans un monde dantesque
Monstrueux, jaune et gris
Absurde et déconstruit
Aux restes grotesques
Un homme et une femme nus
Leurs chairs orangées
Fondues dans un baiser
Ont un temps survécu
Paul Obraska
Mstislav Dobuzhinsky : "Le baiser"