J’ai pris ma décision. Je me rends compte de ses conséquences. J’avoue avoir beaucoup hésité car en boycottant la coupe du monde de football, le Qatar risque de ne pas s’en relever et ça me ferait de la peine, il a tellement fait d’efforts : des stades tout neufs et climatisés et des cadavres tout frais ! J’ai d’autant plus hésité que mon président – que la force soit avec lui – nous a déclaré qu’il ne fallait pas mêler le sport et la politique. Mais je me suis demandé si mon président avait raison, bien qu’il soit plus intelligent que moi et d’un grade plus élevé. Le sport n’est-il pas une vitrine d’un pays ? Un raccourci pourrait permettre de déduire que si un pays produit des champions, c’est qu’il est lui-même un champion ? Hitler voulait démontrer la supériorité de la « race aryenne » lors des jeux olympiques de Berlin en 1936, mais manque de pot, ce fut le noir américain Jesse Owens qui remporta à lui seul 4 médailles. Les soviétiques gonflaient leurs athlètes avec des produits divers pour être les meilleurs afin de démontrer la supériorité de l’homo communiste sur l’homo capitaliste. On boycotte ou pas des manifestations sportives pour des raisons politiques. Les sportifs s’agenouillent contre le racisme ou portent sur eux des signes politiques. Et le Qatar n’a-t-il pas fait de la politique en obtenant pour la première fois pour un pays arabe l’organisation de la coupe du monde de football, en dépensant sans compter son énergie fossile, son gaz lui permettant de péter plus haut que son cul. Et mon président – que la force soit avec lui – ne fait-il pas de la politique en soutenant le Qatar depuis le début, on ne crache pas sur les investissements et les sources énergétiques en ces temps de disette. Alors j’ai décidé moi aussi de faire de la politique en boycottant les matchs de la coupe du monde de football pour protester contre le choix aberrant et suspect de ce pays pour s’y dérouler. Et tant pis pour le Qatar !