S’il n’était pas responsable de milliers de morts, de la destruction des villes de l’Ukraine, des crimes de guerre de son armée, de l’exil de millions d’Ukrainiens, le maître du Kremlin serait ridicule. Mais ce ridicule tue. Il radote comme ces vieux enfermés dans leurs souvenirs, leurs idées fixes, racontant en boucle un discours auquel personne ne croit et que finalement personne n’écoute. Des histoires de nazis, de guerre patriotique, quand ce n’est pas l’euphémisme lamentable d’opération militaire spéciale, de menaces existentielles, de survie de la Russie, de défense de la chrétienté tout en embrassant sur la bouche un boucher islamiste pur et dur. Le défenseur de la chrétienté menace de temps à autre de détruire le monde, en ajoutant : « et ce n’est pas du bluff ». Et on veut bien le croire car les radoteurs peuvent avoir des accès de violence quand on ne les écoute plus ou si le vent tourne. Illustration : Oswaldo Guayasamin : "Désespoir"