En Occident, nous avons depuis longtemps quitté les classes sociales marxistes pour transformer la société en patchwork communautaire façon puzzle. Certes les riches, les pauvres et les ni pauvres-ni riches conservent leur signification, plus que prolétaires et capitalistes, mais paraissent presque secondaires par rapport à une atomisation plus personnelle, plus identitaire. La façon d’avoir des rapports sexuels a cessé d’appartenir à l’intime pour finir par devenir la marque essentielle d’un individu qui, après avoir déclaré à la face du monde et souvent dans un défilé ses préférences sexuelles, acquiert dès lors une vigilance aigue pour toute remarque à son encontre. Ce que l’on peut comprendre compte tenue de l’hostilité parfois meurtrière à l’égard de l’homosexualité plus dans le passé qu’aujourd’hui, mais toujours vivace ailleurs. La couleur de la peau est évidemment un marqueur communautaire en opposant blancs et "racisés". La maladie en est un autre : les malades se groupent en communautés et les maladies sont nombreuses. Il m’est impossible de faire le tour de toutes les communautés puisque chaque particularité individuelle peut en être le motif. Saluons cependant la communauté par la couleur des cheveux qui se borne pour l’instant à celle des roux, plus sensibles à la chaleur, et invitée de ce fait à bénéficier gratuitement de la climatisation des salles appartenant à la chaîne de cinémas Showcase au Royaume-Uni. Les vieux encore plus sensibles à la chaleur que les roux n’ont pas été invités à en bénéficier. Serait-ce par égard ou par prudence ? Il serait en effet imprudent de faire déplacer un vieux attiré par la gratuité autant que par la climatisation au risque de le perdre en route, refroidi par la canicule.