De 25000 (selon le police) à 100000 (selon les organisateurs) réactionnaires ont manifesté hier contre la politique envisagée par le gouvernement. En effet, ils réclamaient « l’égalité et la répartition des richesses ». Ne pouvant réclamer l’égalité en droit, puisque celle-ci existe déjà dans l’hexagone, il ne peut s’agir que de l’égalité dans la répartition des richesses, ce qui exigerait leur étatisation. En théorie cela s’appelle du communisme.
Le communisme lorsqu’il a été appliqué a abouti à l’appauvrissement égalitaire de la population hormis des dirigeants qui ont largement joui des privilèges liés à leur position. L’appauvrissement étant un moindre mal en regard des inconvénients irrespirables et parfois sanglants d’un régime totalitaire dont la Corée du Nord est un exemple extrême. Seule la Chine a élevé le niveau de vie de sa population en introduisant dans son système une dose massive de capitalisme mais en creusant davantage les inégalités que dans les régimes capitalistes, sans cesser d’être totalitaire et parfois sanglant.
Etre réactionnaire c’est s’opposer au progrès social. On peut discuter de la définition du progrès social. Est-ce avoir une population égalitairement pauvre (en enlevant tout espoir au pauvre de devenir riche, sauf en devenant dirigeant) ou est-ce avoir moins de pauvres sans pour autant avoir moins de riches ? Si l’on opte pour une pauvreté généralisée, est-ce un progrès social ? Certes on pourrait rêver d’une richesse généralisée, mais ce n’est qu’un rêve. Elever le niveau de vie des plus pauvres, ce serait déjà pas si mal, mais faire disparaître ou faire fuir les riches ou appauvrir les classes moyennes n’enrichirait guère les pauvres. L’imposition élevée en France (qui arrive juste derrière le Danemark) ne parvient pas à faire disparaître la pauvreté, même si diverses allocations de l’Etat-providence permettent d’en atténuer plus ou moins les conséquences.
C’est pour toutes ces raisons que je dis que les 25000 (selon la police) à 100000 (selon les organisateurs) personnes qui ont défilé hier, avec les meilleures intentions, en réclamant l’égalité et la répartition des richesses, en escomptant naïvement leur génération spontanée, en reportant la dette de la France sur les générations futures, en voulant encore l'augmenter, s’opposent en fait au progrès social présent et à venir, et sont donc des réactionnaires.